Luxembourg, 12/10/2006 (Agence Europe) - Les ministres des Transports de l'UE, réunis le 12 octobre à Luxembourg, ont procédé à un premier débat public sur la révision à mi-parcours du Livre blanc sur la politique européenne des transports à l'horizon 2010. Les ministres ont, dans leur ensemble, bien accueilli le document et les propositions de la Commission européenne. Seul le Luxembourg, tout en saluant le travail, a regretté que les solutions proposées soient « souvent taillées à la mesure des grands Etats membres » et a demandé à ce que les petits Etats membres soient davantage pris en compte.
C'est au mois de juin que la Commission a présenté son bilan à mi-parcours sur la mise en œuvre de son Livre blanc. Un bilan dicté par le réalisme et le pragmatisme résumé dans un nouveau concept, la comodalité, c'est-à-dire la nécessité de tirer parti de tous les modes de transport, y compris la route. Une analyse partagée par toutes les délégations. Le transport ferroviaire « ne peut pas tout faire » donc « nous avons aussi besoin de la route », a déclaré la ministre néerlandaise Karla Peijs. Mme Peijs a par ailleurs suggéré à la Commission d'analyser l'impact environnemental des anciennes locomotives. « Tout le monde doit être propre », a-t-elle estimé. « Il faut intégrer les exigences environnementales dans tous les modes de transport », a également estimé le ministre français Dominique Perben.
Plusieurs délégations - Belgique, Royaume-Uni, Autriche, Luxembourg - se sont montrées favorables à l'internalisation des coûts externes pour les transports. Il faut «assurer des conditions équitables et transparentes dans la tarification de tous les modes de transport », a indiqué le ministre luxembourgeois Lucien Lux en demandant à la Commission de présenter une méthodologie permettant aux Etats membres de prendre en compte les coûts externes (par exemple environnementaux) et de les incorporer dans les redevances imposées aux transports. Le ministre luxembourgeois a par ailleurs saisi l'occasion pour réitérer « son scepticisme » contre une libéralisation « à pas accélérés » du rail. Selon lui, il est préférable d'évaluer les changements survenus depuis l'entrée en vigueur du premier paquet ferroviaire avant d'envisager d'aller plus loin.
La nécessité de limiter les émissions générées par le transport aérien a été soulevée par plusieurs pays dont la France, la Pologne et le Royaume-Uni qui veulent progresser rapidement sur cette question. Pour Paris et Varsovie, il faut réfléchir à des mesures communes en la matière. Londres a proposé l'introduction de ce mode de transport dans le système européen des droits d'échanges d'émissions. Pour la Pologne, une telle option devrait d'abord faire l'objet d'un « examen attentif ».
L'importance de la sécurité routière a également été soulignée par quasi toutes les délégations avec notamment l'intervention de la France, de la Lituanie et de la Belgique en faveur d'un suivi transfrontalier des infractions routières. De leur côté, le Danemark et la Suède se sont prononcés pour l'utilisation de camions plus longs et plus puissants que ceux prévus par les normes communautaires afin de « mieux rentabiliser les infrastructures routières ».
Limiter le nombre d'actes législatifs et de charges administratives: c'est ce qu'ont demandé les Pays-Bas et l'Allemagne. Cette dernière a en outre annoncé qu'elle organisera, sous sa présidence, une réunion informelle consacrée au transport urbain en mai 2007.
Signalons enfin que l'Espagne a demandé à la Commission de ne pas « abandonner » la libéralisation des services portuaires qu'elle estime « fondamentale ». Tout comme la Lettonie qui, elle aussi, a plaidé pour « promouvoir la concurrence entre les ports » européens.
Au terme du débat, Jacques Barrot a noté « un accord assez général sur le concept de comodalité ». Concernant le secteur aérien, le Commissaire aux transports a déclaré: « Nous devons répondre à une demande de plus en plus pressante » sur l'impact environnemental des émissions de kérosène mais « il faut de bonnes études pour voir comment mettre en place » l'intégration de l'aérien dans le système d'émissions. Enfin, dans son plan d'action sur la logistique, la Commission sera amenée à aborder la dimension des poids lourds et des containers, a-t-il ajouté. (dt)