Bruxelles, 12/10/2006 (Agence Europe) - Ségolène Royal, candidate à l'investiture socialiste pour les élections présidentielles en France en 2007, a proposé le 11 octobre une « refondation des objectifs européens » pour « redonner aux citoyens une envie d'Europe ». Sur le plan économique, la candidate souhaite notamment promouvoir les énergies renouvelables, stimuler la recherche et développer les transports (avec l'affectation d'une petite part de la fiscalité sur les carburants à un budget propre européen pour financer le programme des réseaux transeuropéens de transports). Mme Royal plaide aussi en faveur d'une réforme du Pacte de stabilité et de la politique agricole commune (PAC). « Il faut réorienter la PAC vers la qualité, la protection de l'eau, le maintien des territoires. La régionalisation des aides est l'un des moyens ». En matière sociale, elle estime que la possibilité de déroger au maximum européen de 48 heures de travail par semaine (clause d'opting out) devrait être supprimée. « Nous devrions aussi mettre en place des critères de convergence sociale pour mesurer les progrès réalisés en matière de salaires, d'emploi, de conditions de travail, d'égalité hommes/femmes, d'accès à la formation professionnelle et de santé au travail ». L'UE doit aussi se doter d'un budget qui soit à la hauteur de ses ambitions. « La limitation à 1% du PIB du budget européen (…) prive l'Europe des moyens de mettre en place les politiques rendues nécessaires par les enjeux actuels. Le budget européen doit être sensiblement augmenté, avec une priorité à la recherche et au développement. Aucun sujet ne doit être tabou, ni la PAC ni le chèque britannique », a souligné Mme Royal. Sur le plan de la politique extérieure, la candidate propose notamment de rétablir immédiatement les aides européennes aux Palestiniens et de convoquer une conférence internationale pour la paix au Moyen-Orient.
En ce qui concerne la Constitution européenne, Mme Royal se dit sceptique à l'égard de l'idée (notamment avancée par Nicolas Sarkozy) d'adopter un « mini-Traité » qui serait ensuite approuvé par ratification parlementaire dans les Etats membres. « Je crains que cette idée ne passe pas auprès de nos concitoyens (français) qui viennent de voter, et ne règle rien. Il faut donc se donner le temps du débat, de la concertation et du mûrissement ». L'idéal serait de lancer un débat sur les objectifs de l'Europe sous présidence allemande en 2007, de poursuivre ce débat sous les Présidences portugaise et slovène et de lancer une convention sous présidence française au second semestre 2008, chargée de rédiger le texte de la réforme institutionnelle qui serait présentée aux peuples, le même jour, suivant la procédure que chaque pays aura choisie, a expliqué Mme Royal. Quant à l'adhésion de la Turquie à l'UE, la candidate est restée floue: « Mon opinion est celle du peuple français car c'est le peuple français qui doit se prononcer ». (hb)