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Bulletin Quotidien Europe N° 9285
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

M. Juncker évoque les enjeux actuels et futurs de la zone euro

Bruxelles, 12/10/2006 (Agence Europe) - Lors d'une conférence organisée par le think tank European Policy Center (EPC), le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, est revenu jeudi sur quelques-uns des chantiers qui se poursuivent à l'Eurogroupe. Reconduit pour deux années supplémentaires dans son mandat à la tête de l'Eurogroupe, M. Juncker a évoqué le futur de la zone euro, son pilotage économique et budgétaire perfectible, ses élargissements programmés et plusieurs autres points à l'ordre du jour récent des réunions qu'il préside (notamment EUROPE n° 9283).

En matière de surveillance budgétaire, nous restons sur un « sentiment d'inaccompli », car tout les travaux entrepris sur la partie préventive du Pacte de stabilité et de croissance (PSC) « peinent à se mettre en place », malgré le consensus entre les ministres de la zone pour prendre cet aspect au sérieux. Estimant qu'il faut du temps pour « digérer » celle de 2005, il s'est prononcé contre une nouvelle réforme du PSC. Le pôle économique de l'Union économique et monétaire (UEM) souffre certes de « faiblesses structurelles », mais les décisions prises dans une capitale commencent à influencer les autres capitales et « la zone est devenue plus unique », a-t-il estimé. L'Eurogroupe s'apprête maintenant à approfondir les discussions budgétaires horizontales afin de comparer plus en détail les opérations budgétaires des Etats membres. Actuellement, « nous avons recours à des chiffres, qui ne montrent pas que nous sommes dans la même zone », a jugé M. Juncker, qui fustige la disparité des prévisions sur les taux de change ou les prix du pétrole que chaque Etat membre prend en compte pour élaborer son budget. Souhaitant « s'occuper plus intensément de la croissance économique » dans le contexte du vieillissement démographique, il nous faudra « discuter de la bonne séquence des réformes » des marchés des produits, des services ou du travail. Le dialogue avec la Banque centrale européenne (BCE) ne « fonctionne pas à merveille, car nous sommes jeunes », mais l'institution de Francfort a mieux compris les attentes des ministres des Finances depuis quelques mois, a aussi souligné M. Juncker.

Il n'est « pas vrai de dire que la zone euro serait un club fermé », a réaffirmé le Président de l'Eurogroupe après les discussions sur l'interprétation du critère d'inflation qui ont eu lieu lundi et mardi. A choisir entre critères nominaux (de Maastricht) et critères réels, il est préférable que les Etats candidats à l'euro s'en tiennent aux premiers, car s'ils étaient remplacés par des critères réels, « l'horizon s'éloignerait ». En tout état de cause, « il ne faudrait pas croire, dans les nouveaux comme dans les anciens Etats membres que l'adhésion puisse être négociée », a-t-il ajouté, en rappelant que lorsqu'un Etat membre remplit les critères, l'adoption de l'euro ne peut lui être refusée. Et de préconiser aux Douze de ne pas adopter une « forme d'arrogance » ou de « condescendance » à l'égard des candidats à l'euro.

Les différentiels de croissance et d'inflation dans la zone euro ne sont pas des risques à très court terme, mais il faut en tenir compte. Après les discussions de lundi dernier (EUROPE précité), il faudra parler de l'impact sur la formation des prix de l'indexation automatique des salaires, des services (santé loisirs, transport, etc.) et de l'immobilier, a rappelé M. Juncker. « Au mieux l'euro va, au moins ambitieux devient le débat sur la représentation extérieure de la zone euro », a-t-il ensuite constaté, en déplorant que « certains pays n'acceptent pas la disparition de leur 'constituency' ». Si le gouvernement belge, hésitant jusqu'à présent, semble disposé à progresser, les Pays-Bas bloquent toujours, a-t-il indiqué. Décidé à faire de la Banque européenne d'investissement (BEI), « un instrument privilégié de l'action extérieure de l'UE », M. Juncker a par ailleurs affirmé que les divergences entre Etats membres étaient en train de se réduire concernant la reconduction du mandat externe de la Banque et que le Conseil est « sur le point de conclure ». (ab)

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