Bruxelles, 02/10/2006 (Agence Europe) - « Il semble que la Serbie manque de volonté politique pour rechercher et extrader ses criminels de guerre. Nous avons besoin du soutien de la communauté internationale, en particulier de l'UE, dans nos efforts de lutte contre l'impunité des criminels de guerre », a déclaré Carla Del Ponte, la Procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), le 29 septembre à Helsinki. Mme del Ponte doit se rendre cette semaine à Belgrade pour aborder des cas concrets et des détails sur ce qui est fait pour traduire en justice Ratko Mladic et d'autres criminels de guerre en fuite. Après sa visite en Serbie, le TPIY procédera à une évaluation complète des actions menées par la Serbie pour mettre les fugitifs face au tribunal. L'UE a suspendu ses négociations avec la Serbie sur un Accord de Stabilisation et d'Association (ASA) en raison du manque de coopération de Belgrade avec le TPIY. A Helsinki, Mme Del Ponte s'est dite convaincue que Ratko Mladic pourra être capturé et jugé si l'UE maintient ses conditions strictes pour une reprise des pourparlers ASA. « Si l'UE continue de suspendre les négociations tant qu'il n'y pas d'entière coopération avec nous - une entière coopération signifiant que Mladic se trouve à La Haye ou qu'il a été localisé - si l'UE continue d'en faire une condition, je suis optimiste que nous aurons Mladic », a-t-elle affirmé lors d'un séminaire intitulé « Construire une culture de la responsabilité - Les actions contre l'impunité dans les relations extérieures de l'Union européenne » organisé par le ministère finlandais des Affaires étrangères, avec Amnesty International.
Le Commissaire à l'élargissement, Olli Rehn, qui a lui aussi participé à ce séminaire, partage entièrement l'insatisfaction de Mme del Ponte. Il n'y a donc en ce moment aucune raison de reprendre les négociations ASA. « Nous n'avons pas connaissance de nouveaux éléments en ce qui concerne la coopération avec le TPIY. Il n'y a aucun signe de progrès de la part des Serbes et, donc, pour le moment, l'UE n'a rien de neuf à dire », a affirmé M. Rehn. Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja, et le juge du TPIY Erkki Kourula ont également participé à ce séminaire. « Nous attendons maintenant du progrès de la part du gouvernement serbe en matière de coopération avec le TPIY, en conformité avec le plan d'action que la Serbie a présenté en juillet dernier », a estimé M.Tuomioja.