Strasbourg, 02/10/2006 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté la semaine dernière, par 535 voix pour, 18 contre et 10 abstentions, le rapport de Thomas Mann (PPE-DE, Allemand) sur « la création d'un cadre européen des qualifications » (CEQ) dont l'objectif est de faciliter et de promouvoir le transfert de qualifications entre les différents systèmes d'éducation et de formation, afin d'encourager la mobilité professionnelle entre les Etats membres et de mieux répondre aux exigences de l'offre et de la demande sur le marché du travail européen.
Si l'éducation tout au long de la vie joue un rôle décisif pour préserver la compétitivité et la cohésion sociale dans l'UE, le rapporteur estime que c'est un objectif compliqué à réaliser à cause d'un manque de communication et de coopération entre les différents systèmes d'enseignement et de formation et le politique. « Avec l'aide du CEQ, de nombreuses barrières devraient être abolies et tant les employés que les employeurs pourraient optimiser leurs qualifications. La mobilité entre les Etats membres et les différents systèmes d'éducation devrait être facilitée », estime Thomas Mann.
Le rapport Mann relève néanmoins quelques « points critiques » dans la proposition actuelle de la Commission parmi lesquels l'absence d'un lien évident avec le marché du travail. Comme l'objectif du cadre est d'augmenter la compétitivité de l'économie européenne, en vue de respecter les objectifs de Lisbonne révisés, l'accent devrait être mis davantage sur l'employabilité des candidats, souligne-t-il. Le rapporteur relève également que, dans cette optique, le cadre ne pourrait pleinement être efficace que si les qualifications sont classées selon un critère de pertinence: « La proposition doit donc prendre en compte non seulement les diplômes formels mais aussi les qualifications non formelles et informelles, en particulier l'expérience professionnelle et les aspects plus larges des compétences ». Le rapport recommande ainsi que les descripteurs soient revus non seulement en prenant en compte et en conservant les critères de Bologne associés à la formation universitaire, mais aussi en les complétant par une meilleure prise en compte des systèmes d'éducation et de formation professionnelles.
Il estime, par conséquent, que le cadre européen des qualifications doit constituer un point de départ logique et structuré pour la création d'un ensemble plus vaste de compatibilités mutuelles. Les députés invitent donc la Commission à développer davantage d'autres instruments comme le système européen de transfert de crédits pour l'enseignement et la formation professionnels, Europass, la base de données « Ploteus ». Elle devrait également encourager plus avant les approches innovantes en faveur de la reconnaissance de l'apprentissage informel et non formel.