Bruxelles, 25/09/2006 (Agence Europe) - La ministre européenne pour le commerce (et les affaires européennes ) Emma Bonino a appuyé le 25 septembre à Bruxelles devant la presse, la demande des Chambres de commerce italiennes que l'UE adopte un règlement sur le « made in », dans l'intérêt de la qualité des produits et de la protection des consommateurs, à la lumière d'une recherche de « monitorage sur les produits textiles en Europe » menée par Italian Textile Fashion. Le Président de la Chambre de Commerce de Florence, Luca Mantellassi, flanqué des présidents des Chambres de Commerce de Prato Luca Rinfreschi et de Varese Angelo Belloli, a exposé les résultats de cette recherche conduite dans cinq grandes villes européennes - Paris, Francfort, Amsterdam, Barcelone et Stockholm - qui montrent que 57,6% des pièces vendues ne respectaient pas les règles européennes sur la compositions du tissu en fibres et que 9,5% contenaient des amines aromatiques cancérigènes interdites par les directives communautaires. Un étiquetage « made in » obligatoire et des contrôles plus efficaces sont nécessaires pour protéger les consommateurs, insiste Luca Mantellassi, qui invoque aussi la réciprocité, en rappelant qu'une obligation existe déjà aux Etats-Unis, au Canada, au Japon et en Chine. (Plus d'informations sur la recherche sur: http://www.itfashion.org ).
Lorsque nous plaidons pour le « made in », nous ne parlons pas de « made in Italy », nous demandons que l'origine d'un produit, quelle qu'elle soit, soit reconnaissable pour le consommateur, a tenu à préciser Emma Bonino, en rappelant qu'elle menait déjà ce combat pour le « libre choix du consommateur averti » lorsqu'elle était Commissaire européenne chargée de la protection des consommateurs. Notre gouvernement est engagé en faveur d'un marché libre, mais pas « un marché de la jungle, car le marché doit être équitable et respecter les règles établies sur le plan multilatéral », a assuré Emma Bonino. Je suis « un peu embêtée » par le « cliché » récurrent selon lequel « les pays qui se trouvent au-dessous d'un certain parallèle sont protectionnistes », alors que ceux situés au-dessus sont « libéraux », a lancé la ministre italienne. « Les règles doivent être respectées », a-t-elle martelé.
Interrogée sur l'affaire en suspens de l'imposition de droits antidumping définitifs sur les importations de chaussures chinoises et vietnamiennes (voir EUROPE n° 9267), Mme Bonino a indiqué qu'au Conseil le rapport de force est encore « de quatorze à onze », mais que l'Italie continuerait de défendre sa position « jusqu'au 5 octobre à 24 heures » ( les droits antidumping provisoires instaurés le 7 avril expirent le 6 octobre: NDLR).
Le même jour, la Foreign Trade Association (FTA) s'inquiétait des rumeurs selon lesquelles le service juridique du Conseil de l'UE jugerait « légitime de permettre de transformer les droits temporaires en droits définitifs si le Conseil ne parvient pas à un accord avant le délai » imparti (EUROPE y reviendra).