Bruxelles, 25/09/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne a autorisé le projet du concessionnaire autoroutier espagnol Abertis d'acquérir la société italienne Autostrade, qui est également active dans la gestion d'autoroutes à péages. Cette fusion-absorption, qui doit donner naissance à New Abertis, produira un chevauchement horizontal sur le marché européen des concessions d'autoroutes à péage, mais compte tenu de la présence d'autres concurrents importants, du fait qu'il s'agit d'un appel d'offres et à cause de l'absence de craintes exprimées par des tiers, la Commission a conclu que l'opération ne donnerait pas lieu à des problèmes de concurrence et qu'elle ne soulèverait pas de problèmes sur le plan de la concurrence verticale. En effet, Autostrade n'exerce que des activités très mineures en Italie dans le secteur de la construction routière et Abertis n'est pas présente dans ce secteur.
Notifié à la Commission le 23 août par le groupe espagnol, ce projet de dimension européenne se heurte malgré tout au refus du gouvernement italien qui, l'estimant contraire à un décret de 1997 , a bloqué de facto l'opération en empêchant le transfert par Autostrade de ses concessions autoroutières au sein de l'entité fusionnée. Réagissant à l'annonce du feu vert de la Commission, le ministre italien des infrastructures Antonio di Pietro a réaffirmé sa position: « Nous prenons note de la décision et nous en sommes satisfaits. (…) Nous n'avons jamais discuté la fusion. Ce que nous contestons et ce qui reste en discussion, c'est le transfert automatique de concession ». Le décret de 1997 définit les modalités de privatisation d'Autostrade et interdit à des groupes de BTP (Bâtiments-Travaux-Publics) de prendre une participation dans la société. Or, en vertu de l'accord de fusion, le groupe espagnol de construction ACS, un actionnaire d'Abertis, entrerait à hauteur de 12,5% dans le capital de la société. Le ministre di Pietro reproche par ailleurs à Autostrade de ne pas avoir respecté ses engagements en matière d'investissement dans le réseau routier de la Péninsule. Selon lui, le concessionnaire a investi, en 2005, 2,21 milliards d'euros contre 4,72 milliards prévus. La Commission poursuit, quant à elle, son analyse des explications qu'elle avait réclamées de Rome, afin de vérifier si son veto de fait est compatible avec l'article 21 qui lui donne compétence exclusive pour traiter des fusions de dimension communautaire. « Nous sommes en train d'examiner les mesures italiennes pour voir si elles sont compatibles avec le droit communautaire », a indiqué Jonathan Todd, porte-parole de la Commissaire chargée de la concurrence. Un examen qui pourrait prendre plusieurs semaines.