25/09/2006 (Agence Europe) - Avant la décision de la Commission européenne sur le déficit budgétaire excessif en Hongrie, attendue le 26 septembre, le Premier ministre hongrois Ferenc Gurcsany a répété, dans une interview au Monde du 23 septembre: « Si je dois réduire notre déficit à moins de 3% du PIB, ce n'est pas parce que Bruxelles nous le demande. C'est que notre population n'a pas économisé suffisamment, ce qui conduit à un déficit de la balance des paiements et à un endettement pouvant devenir dangereux ». Le Premier ministre, qui reste en place bien que des manifestants continuent de réclamer sa démission pour avoir avoué qu'il avait « menti » aux électeurs (voir EUROPE N.9270), admet: « On me reproche légitimement une chose: le programme d'allègement fiscal n'était pas assez réfléchi. Nous avons besoin des réformes, mais pas à cause de Bruxelles (…). Nous en avons besoin pour atteindre deux objectifs parallèles: la compétitivité et la justice. Nous avons réussi à faire un pays plus juste, la pauvreté a reculé de manière sensible. Les différences sociales ont diminué un tout petit peu depuis le début de la législature. Mais le prix en a été le déficit budgétaire qui augmente et notre compétitivité qui n'est pas suffisante ». Sur un plan plus général, le Premier ministre hongrois affirme que son pays a « gagné » avec l'adhésion à l'UE, en notant: « Les agriculteurs qui manifestent toujours nous disent qu'ils ont une meilleure situation qu'il y a cinq ans. Pour moi, l'Union ne signifie pas de l'argent. Il s'agit de faire adhérer des missions des gens à la culture de la liberté et de la responsabilité. L'argent viendra pendant sept ou huit ans, mais nous resterons Européens après ». M. Gurcsany conclut: le problème est que « la plupart des pays d'Europe de l'Est vivent dans l'illusion. Les gens attendent leur bonheur de l'Etat et non de leurs propres performances. C'est le principal débat en Europe centrale ».