Strasbourg, 07/09/2006 (Agence Europe) - L'Union européenne est-elle prête à assumer les nombreuses tâches qui l'attendent au Kosovo ? C'est la question posée au Conseil par les Groupes des Verts/ALE, du PSE et du PPE-DE, le 6 septembre lors de la session plénière du Parlement européen. Au cours du débat, la plupart des députés ont souligné l'importance de régler en 2006 la question du futur statut du Kosovo, actuellement en cours de négociation sous les auspices de l'ONU. Ils ont également insisté, tout comme le Commissaire à l'Elargissement Olli Rehn, pour que la future mission de l'UE au Kosovo se démarque de celle de l'ONU sur le terrain, la Minuk, et qu'elle soit dotée des moyens et du personnel nécessaire à l'accomplissement de ses tâches. Mise en œuvre du futur statut de la province, justice et sécurité, coordination des actions de la communauté internationale, respect des droits de l'homme et des minorités, mise en place d'une administration civile, développement socio-économique: voici quelques tâches qui attendent la future mission de l'UE au Kosovo, une fois qu'elle prendra la relève de celle des Nations unies. Mais « sommes-nous prêts à assumer toutes ces tâches ? », s'est inquiété le vert néerlandais Joost Lagendijk, un des auteurs de la question qui s'est rendu sur le terrain au mois de juin. « Je crains que nous ne soyons pas suffisamment préparés pour une telle mission », a renchéri la démocrate-chrétienne allemande Doris Pack, co-auteur de la question. Une préoccupation partagée par la libérale britannique Baroness Sarah Ludford, qui faisait aussi partie de la délégation du Parlement en visite au Kosovo au mois de juin. Jan Marinus Wiersma et Hannes Swoboda (PSE, néerlandais et autrichien) ont estimé pour leur part qu'une forme d'indépendance et de souveraineté limitée pour le Kosovo est indispensable, et M.Wiersma a invité l'UE à se préparer sérieusement à cette éventualité, tout en veillant au plein respect de la minorité serbe au Kosovo et en prenant « très au sérieux l'avenir européen de la Serbie ».
L'Union européenne devra jouer un rôle de premier plan au Kosovo et « faire bien davantage que la Minuk », a déclaré le Commissaire Rehn, qui a aussi insisté sur la nécessité de permettre au futur gouvernement du Kosovo de jouer un rôle à part entière dans le cadre du processus de stabilisation de la province. Ce processus aura un prix pour lequel il faudra dégager les crédits nécessaires, a averti le Commissaire, en critiquant à ce titre le manque de personnels et de moyens financiers à cause des coupes opérées dans le cadre budgétaire 2007-2013. Une critique relayée par plusieurs députés. « Le budget 2007 ne permet pas d'aider le Kosovo », a estimé au nom du groupe ALDE Istvan Szent-Ivanyi (Hongrois). Il faudra encore « beaucoup de travail » avant que l'UE ne soit prête à mener sa mission, a renchéri, au nom des Verts, l'Allemande Gisela Kallenbach.
La future mission de l'UE sera effectivement « de très grande ampleur » et, d'ici la fin du mois, le groupe de travail du Conseil qui prépare cette mission remettra son rapport, a répondu au nom de la Présidence la ministre finlandaise du Commerce extérieur et du Développement Paula Lehtomäki. Lors des négociations budgétaires, « nous avons essayé de trouver une solution pour tout le monde », a-t-elle justifié en assurant que « la situation n'est pas aussi noire et catastrophique que ce qui est présenté ici » et en reconnaissant: « Il ne faut pas opérer de coupes en matière de personnel surtout pour cette région ».