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Bulletin Quotidien Europe N° 9260
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/modele social europeen

Oui à un modèle social qui reflète des valeurs communes mises en œuvre de manière variée dans les Etats membres - Paula Lehtomäki: « L'Europe peut être à la fois compétitive et socialement forte » - Vladimir Spidla annonce une proposition « au diapason » des souhaits du PE

Strasbourg, 07/09/2006 (Agence Europe) - C'est à très large majorité (507 voix pour, 113 contre et 42 abstentions) que le Parlement européen a adopté le 6 septembre le rapport de José Silva Peneda (PPE-DE, Portugal) et Proinsias de Rossa (PSE, Irlande) sur « Le modèle social européen pour l'avenir » (voir EUROPE n°9257). Par ce vote, le Parlement appuie le concept d'un modèle social européen reflétant un ensemble de valeurs communes mises en œuvre de manière variée dans les Etats membres, un modèle qui ne constitue pas un coût mais un facteur positif pour la croissance économique. Pour le préserver à l'avenir, il est cependant urgent de le réformer, tout en renouvelant l'engagement en faveur d'une Europe sociale. Au cours du débat, beaucoup de députés ont invoqué la subsidiarité et les compétences nationales.

« Pour sauvegarder cette Europe sociale, il est impératif de mettre en œuvre la stratégie de Lisbonne en se concentrant sur la croissance et l'emploi », a déclaré en plénière Paula Lehtomäki, ministre finlandaise du Commerce extérieur et du Développement, pour qui le modèle social européen, dont le dialogue social est une composante essentielle, doit être « en permanence mis à jour ». Le Sommet Social Tripartite extraordinaire du 20 octobre à Lahti sera d'ailleurs consacré à une discussion sur la gestion des changements structurels en Europe, a confirmé la ministre. Pour sauvegarder l'Europe sociale, il faut aussi trouver un nouvel équilibre entre flexibilité et sécurité sur le lieu de travail, d'investir davantage dans le savoir-faire, accroître la faculté d'adaptation des citoyens aux changements, mieux concilier vie familiale et professionnelle, promouvoir un travail décent pour tous, ce qui permettra d'accroître la productivité du travail aussi dans les pays les moins développés. « L'Europe peut être à la fois compétitive et socialement forte », a conclu la ministre.

« Le modèle social européen est fondé sur l'intégration européenne », a enchaîné Vladimir Spidla. « S'il n'y avait pas eu d'intégration européenne, il n'y aurait pas eu de modèle social européen ! Je suis d'accord avec ce rapport lorsqu'il dit qu'il faut considérer les politiques sociales comme des éléments de cohésion et pas comme des politiques génératrices de coûts ! Nous avons besoin de santé sociale et de bonne protection sociale », a affirmé M. Spidla en ajoutant: « Si on veut préserver nos systèmes d'éducation, de protection de la santé et de retraites, il faut moderniser et améliorer ».

Au cours du débat, Emine Bozkurt (PSE, néerlandaise) a noté que les femmes sont indispensables au marché du travail, alors qu'elles sont souvent les premières victimes d'un modèle social qui fonctionne mal. « Je ne veux pas d'un modèle dicté par Bruxelles. Je suis pour la solidarité ! », s'est-elle exclamée. Ria Oomen-Ruijten (PPE-DE, néerlandaise) a évoqué les craintes des citoyens qui se demandent si « nos retraites, nos systèmes de sécurité sociale pourront être maintenus au niveau actuel ». Miloslav Roensdorf (GUE/NGL, tchèque) a estimé que le modèle social européen doit être compris comme une option: « Il s'agit de préserver des systèmes de vie différents », a-t-il noté. « Le modèle social européen est une conquête des travailleurs depuis des décennies ! », a rétorqué la Portugaise Ilda Figueiredo (GUE/NGL). Pour Patrizia Toia (ALDE, italienne), « l'Europe doit définir ses objectifs », mais les compétences et les responsabilités en matière de politiques sociales relèvent des Etats nationaux. « Mon Etat doit décider quel Etat social il me faut », a-t-elle déclaré. Brian Crowley (UEN, irlandais) a demandé plus de souplesse pour le modèle social européen. Rappelant la question posée il y a un an devant le PE par Tony Blairquel est ce modèle social européen qui débouche sur 20 millions de chômeurs en Europe ? »), Roger Helmer (non inscrit, britannique) s'est montré plutôt sceptique. Csaba Öry (PPE-DE, hongrois) a estimé que « la question clef est la création d'emplois: il faut donc aider les PME, qui sont créatrices d'emplois ». « Je suis pour une harmonisation des politiques européennes dans le cadre d'une méthode ouverte de coordination et avec l'implication du PE. Il faut une ligne européenne commune taillée sur mesure selon les Etats membres », lance M. Öry. « Le modèle social européen n'est pas unique. Si un modèle social européen existe, c'est un phénomène continental ! », s'est exclamé le travailliste britannique Stephen Hughes, tout en appelant au développement des valeurs qui accompagnent ce modèle. Bernard Lehideux (ALDE, France) a estimé que « l'Europe sociale est une priorité, elle doit être moderne et garantir un niveau élevé de normes sociales ». Aux quatre modèles sociaux répertoriés par les chercheurs (scandinave, continental, anglo-saxon, méditerranéen), Masiel Tadeusz (non inscrit, polonais) en ajoute un cinquième: le modèle post-communiste « qui est en fait l'absence de modèle social ». Et de conclure: « La Pologne a le plus mauvais système de protection sociale en Europe ». Thomas Mann (PPE-DE, allemand) a demandé des systèmes de protection sociale plus flexibles. « Nous voulons une nouvelle globalisation sans dumping social », a enchaîné Alejandro Cercas (PSE, espagnol) pour qui « l'Europe économique n'aura pas de succès si elle ne respecte pas le modèle social européen ». « Des objectifs sociaux communs, oui, un modèle social commun, non ! », a averti Elizabeth Lynne (ALDE, britannique), qui s'est félicitée que le rapport parle de « subsidiarité et demande aux Etats membres d'agir, pas à l'UE ». Et Marylin McDonald (GUE/NGL, irlandaise) s'est interrogée: quels sont les effets de la libéralisation et de la privatisation sur ceux qui sont marginalisés? quid si on abandonne l'Etat Providence ? Pour Jana Bobisokova (non inscrite, tchèque), « le modèle social européen est trop généreux et ne motive pas les gens à prendre de nouvelles responsabilités ». « Il y a un modèle social européen réel, protéiforme », a estimé pour sa part Jan Jerzy Kulakowski (ALDE, Pologne).

En conclusion des débats, Vladimir Spidla a souligné que « le modèle social européen est très complexe et on ne peut le ramener à quelque chose de très simple ». Et il a assuré que, après le vote de ce rapport « la Commission va élaborer sa proposition tout à fait au diapason de ce qui a été dit en plénière ».

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