Bruxelles, 07/09/2007 (Agence Europe) - Le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a écrit aux chefs d'Etat et de gouvernement des 25, leur demandant de faire preuve de plus de solidarité envers l'Espagne, l'Italie et Malte qui sont confrontés à un afflux massif d'immigrés clandestins depuis plusieurs mois, a indiqué jeudi le porte-parole de la Commission. « Je souhaiterais (…) attirer votre attention sur le problème urgent et dramatique que constitue l'immigration clandestine et qui appelle, à mon sens, une réaction immédiate et forte de l'ensemble de l'Union européenne », écrit M. Barroso qui en appelle au soutien personnel des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE à leur « solidarité active » d'un point de vue financier et humain, et souligne notamment la nécessité d'« intensifier » les efforts européens pour aider l'Espagne en tête, mais aussi l'Italie et Malte à faire face à cette crise. M. Barroso a « pris l'initiative d'écrire à tous les membres du Conseil européen sur cette question », qui constitue « un problème européen et requiert une solution européenne », a déclaré jeudi Johannes Laitenberger, le porte-parole de la Commission. « Le temps des actions unilatérales est révolu », a déclaré M. Laitenberger en commentant les propos de M. Barroso.
A l'heure actuelle, l'aide de l'UE en matière de lutte contre l'immigration illégale compte sur un budget relativement limité (qui est cependant destiné à croître fortement à partir de 2007) et dans l'envoi de patrouilles maritimes (coordonnées par Frontex) au large des côtes africaines et dont la capacité devrait être renforcée. Le 30 août, lors d'une visite de la vice-présidente du gouvernement espagnole Maria Teresa Fernandez de la Vega, le Commissaire Franco Frattini avait lui-même avoué que les efforts européens actuels étaient insuffisants et s'était donc engagé à renforcer ce dispositif (EUROPE n° 9254).
A noter que depuis le début de l'année, 22.000 immigrés clandestins en provenance d'Afrique ont débarqué sur les côtes de l'archipel des Canaries (dont près d'un millier le 5 septembre). L'action de l'UE reste cependant largement entravée par une collaboration en demi-teinte de la part des Etats membres, qui gardent l'entière prérogative sur les questions d'immigration illégale. Cette collaboration est d'autant plus nécessaire que « les décisions de régularisation prises dans un Etat membre affectent les autres Etats membres », a averti M. Laitenberger, qui souligne que les problèmes de l'immigration (légale comme illégale) doivent « être intégrés dans une réflexion à plus long terme parce que ce n'est pas un problème qui va disparaître du jour au lendemain ».
Le porte-parole a également indiqué que M. Barroso soulèverait ce problème lors du Sommet informel de l'UE, le 20 octobre à Lahti, en Finlande. A cette occasion, l'Espagne, l'Italie et la France soumettront une proposition commune sur l'immigration, a annoncé le 5 septembre le gouvernement espagnol.
A noter qu'un nouveau groupe de travail de la Commission sur l'immigration a été créé, et qu'il doit présenter aux ministres de l'Intérieur des 25 « une première proposition stratégique » lors du Conseil informel JAI des 21 et 22 septembre.