Bruxelles, 29/05/2006 (Agence Europe) - Le nouveau Président du Conseil des ministres italien, Romano Prodi, est venu lundi à Bruxelles expliquer au président de la Commission européenne José Manuel Barroso que l'Italie accorde « la priorité absolue à l'Europe ». « La politique italienne reprendra le rôle qu'elle a traditionnellement joué dans les institutions européennes », a dit M. Prodi lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Barroso au siège de la Commission qu'il a lui-même présidée de 1999 à 2005. « L'Italie est aux côtés de la Commission. L'Italie est bien consciente du rôle qu'elle doit jouer pour l'avenir des institutions européennes ». L'avenir de l'Europe et le problème constitutionnel de l'UE ont figuré au centre de l'échange de vues « exclusivement politique » entre les deux hommes (la question délicate des finances publiques italiennes n'a pas été évoquée, selon M. Barroso). « Nous avons maintenant passé la crise la plus profonde d'euroscepticisme et je suis d'accord avec M. Barroso pour dire que le pire est derrière nous. Néanmoins, cette reprise doit se faire de façon orientée. Il faut qu'il y ait des pays qui tirent l'Europe et il faut aussi un calendrier », a dit M. Prodi. Sur la Constitution européenne, M. Prodi estime qu'il sera « presque impossible d'avoir la même Constitution approuvée » que celle que les Néerlandais et Français ont rejetée, « mais il faut réfléchir maintenant sur quel type de Constitution l'on veut et simplifier le texte pour avoir un consensus de tous les pays membres. On ne peut pas risquer d'avoir un deuxième 'non' à la Constitution parce que l'Europe a besoin de faire des progrès ». En attendant , il faut avancer et « j'ai approuvé tous les projets (que la Commission a proposés) pour réaliser une Europe des résultats », a poursuivi M.Prodi qui partage l'opinion de la Commission « qu'il faut montrer aux citoyens que l'Europe marche » et que « même sans Constitution, on est capable de faire des progrès », par exemple dans des domaines tels que l'énergie, la recherche, etc.. Ceci est très important car le nouveau projet de Constitution doit être présenté « dans une situation plus optimiste, plus créative, plus coopérative ». L'élargissement et la capacité d'absorption de l'UE ont également été discutés. M. Prodi a notamment insisté sur « l'importance d'inclure dans l'UE les pays des Balkans ». Il faut que tous ces pays respectent les critères d'adhésion et que le processus puisse se poursuivre, a-t-il estimé, « car la capacité d'absorption de l'Union européenne devrait permettre ce processus d'élargissement de se produire à l'avenir ». « Il faut que les citoyens et les pays membres aient confiance dans le futur de l'Europe. C'est le message principal que j'ai apporté à Bruxelles », a conclu M. Prodi.
« J'attends beaucoup de la coopération entre la Commission européenne et l'Italie en ce moment de relance de notre projet européen », a pour sa part déclaré à la presse José Manuel Barroso. « Depuis le début de la Communauté européenne, l'Italie a travaillé sans relâche pour concrétiser ce grand projet européen ». Maintenant, l'Italie doit jouer un rôle essentiel pour relancer l'idée européenne « car l'Europe a besoin de l'Italie, tout comme l'Italie a besoin de l'Europe », a dit le président de la Commission qui s'est « réjoui » du fait que le nouveau gouvernement italien ait donné des « signes très clairs sur la priorité qu'il accorde à l'Europe ». M. Barroso s'est aussi félicité que M. Prodi ait choisi Bruxelles et la Commission comme destination de son premier voyage en tant que nouveau chef du gouvernement italien. « Je suis certain que Romano Prodi (…) sera un allié fiable dans des domaines sensibles tels que la politique de voisinage, l'élargissement - notamment vers les Balkans -, le partenariat euro-méditerranéen ainsi que le processus constitutionnel », a dit M. Barroso. « Il y a aujourd'hui une tâche très importante en Europe », a-t-il poursuivi: « Il faut à tout prix éviter qu'au euroscepticisme classique, qui a toujours existé, l'on puisse ajouter maintenant le pessimisme des européistes ». En répondant à une question d'un journaliste français, MM. Barroso et Prodi ont insisté sur le poids actuel de la France dans les affaires européennes. « La France est absolument nécessaire. Sans la France, il n'y aucune possibilité d'avancer en Europe », a répondu M. Prodi et M. Barroso a dit: « Sans la France, pas d'Europe ». M.Prodi (qui a aussi rencontré lundi le Premier ministre Guy Verhofstadt) a aussi annoncé qu'il allait recevoir Tony Blair le 2 juin à Rome et qu'il allait se rendre à Berlin pour des entretiens avec Angela Merkel la veille du Conseil européen des 15/16 juin.