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Bulletin Quotidien Europe N° 9200
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/omc/agriculture

Les ministres de l'Agriculture estiment que l'UE ne doit pas offrir de nouvelles concessions dans la négociation à l'OMC

Krems, 29/05/2006 (Agence Europe) - En marge de leur réunion informelle à Krems, en Autriche, les ministres de l'Agriculture des Etats membres de l'UE ont estimé, le 29 mai, que l'UE ne devait pas présenter pour le moment une nouvelle offre sur le volet agricole des négociations de l'OMC. En constatant le blocage actuel dans la négociation, ils ont aussi souligné qu'il était plus que temps, pour les Etats-Unis, de faire leur part du travail pour assurer le succès du cycle de Doha (voir aussi autre nouvelle page 10).

« Les ministres européens de l'Agriculture estiment que l'Europe ne devrait pas présenter une nouvelle offre » sur le volet agricole des négociations de l'OMC « et que c'est à nos partenaires de faire une offre », a déclaré à la presse, le 29 mai, le Président en exercice du Conseil Agriculture, le ministre autrichien Josef Pröll. Il a rappelé que l'UE avait déjà fait des concessions dans la négociation, comme la suppression des restitutions à l'exportation d'ici à 2013, alors que les autres membres de l'OMC, surtout les Etats-Unis, « ne bougent pas d'un pouce ». M. Pröll a reconnu la difficulté, pour les Etats-Unis, d'agir en ce moment sur le dossier de l'OMC, à cause du retard dans la nomination, par le Sénat américain, de Susan Schwab au poste de représentante au commerce (USTR). Elle doit remplacer à ce poste Rob Portman, nouveau directeur des affaires budgétaires à la Maison Blanche. « La responsabilité de la suite de la négociation ne peut pas incomber à l'UE », a dit, en conclusion, le ministre autrichien de l'Agriculture, de l'Environnement et des Forêts.

Pour rappel, le négociateur au nom de l'Union européenne, le Commissaire Peter Mandelson, a dit que l'UE était prête à aller plus loin sur l'agriculture. « Si les circonstances le permettent, c'est-à-dire si, et seulement si les principaux partenaires mettent également quelque chose de valable sur la table, l'UE sera prête à renforcer davantage son offre actuelle sur l'agriculture », avait-il affirmé, le 23 mai dernier. En répondant à des questions de la presse sur l'importance, pour l'UE, de faire une nouvelle offre pour assurer le succès du cycle de Doha, M. Pröll a dit qu'il comprenait le souci de M. Mandelson de faire en sorte que l'UE parle d'une seule voix, tout en ajoutant que l'UE commettrait une « erreur » si elle venait à faire de nouvelles concessions. « Nos partenaires commerciaux ont tout intérêt à reconnaître que c'est à leur tour de bouger », a commenté le ministre autrichien. Il a déclaré, par ailleurs, que les considérations autres que commerciales (« non trade concerns »), comme la qualité des produits (les normes de production et les indications géographiques) étaient toujours « sur la table des négociations » qui se déroulent à l'OMC sur le cycle de Doha.

Lors de leur visite du groupe autrichien Waldland Vermarktung (réseau de près de 800 entreprises de traitement de matières végétales et animales, de fabrication de lin et d'huile de moteur d'origine végétale), situé à Zwettel, les ministres européens de l'Agriculture ont relayé le message de M. Pröll sur les négociations à l'OMC, avec parfois davantage de vigueur. Ainsi, le ministre français Dominique Bussereau a déclaré à des journalistes que la France « préfère un échec » des négociations commerciales à « un résultat qui remettrait en cause la Politique agricole commune (PAC) et son avenir ». Pour le ministre français, « l'Europe n'a pas à faire de nouvelles concessions en matière agricole » pour obtenir un accord sur le cycle de Doha. Il a rappelé que l'UE avait déjà fait beaucoup de concessions et répété que ce sont les Etats-Unis qui doivent bouger. « M. Mandelson doit rester dans son mandat », a aussi averti M. Bussereau, qui a estimé que l'offre (européenne) du 28 octobre dernier était déjà « limite pour la France ». Le ministre allemand de l'Agriculture, Horst Seehofer, a affirmé que l'Allemagne et la France défendaient la même position, à savoir qu'il valait mieux, pour l'UE, un échec qu'un mauvais accord.

Pour la Finlande, dont le pays assumera la prochaine présidence semestrielle du Conseil de l'UE, il est temps que les autres membres de l'OMC bougent, a dit le ministre de l'Agriculture du pays, Juha Korkeaoja, qui a insisté sur la recherche d'un équilibre sur l'ensemble des sujets de la négociation à l'OMC (pas seulement l'agriculture, mais aussi les services, par exemple). Le ministre finlandais a souligné que l'UE avait atteint plus ou moins les limites dans son offre agricole. « Pas question, pour l'UE, de faire unilatéralement une offre agricole sans que les autres bougent », a renchéri le ministre luxembourgeois, Fernand Boden. Celui-ci a appelé le Brésil à accepter d'ouvrir ses frontières aux produits d'autres pays en voie de développement et les Etats-Unis à déposer une offre dans le domaine de l'agriculture. « Ce sont les Etats-Unis qui détiennent les clés pour un compromis » sur le cycle de Doha, a lancé le ministre néerlandais, Cees Veerman, pour qui il existe aujourd'hui un blocage au sein de l'OMC en raison de la position américaine. Paolo de Castro, le ministre italien des politiques agricoles et forestières, a souligné que « tout le monde » serait affecté par un échec à l'OMC sur la libéralisation des échanges, en soulignant notamment le risque d'une décision des Etats-Unis de proroger leur politique agricole du Farm Bill, qui a pour effet de créer des distorsions de concurrence en raison des subventions importantes versées par Washington à ses agriculteurs.

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