Bruxelles, 29/05/2006 (Agence Europe) - Après la signature, mercredi 24 mai à Bruxelles, de l'accord international relatif à la construction du réacteur expérimental de fusion thermonucléaire ITER (EUROPE n°9199), la verte française Marie-Anne Isler Béguin et le vert luxembourgeois Claude Turmes ont diffusé le communiqué suivant:
"Il y a cinquante ans, les scientifiques rêvaient d'une application commerciale de la fusion nucléaire. Aujourd'hui, on en rêve encore pour dans 50 ans. Il semble donc qu'une application commerciale de la fusion nucléaire soit vouée à être reportée de 50 ans en 50 ans. Le coût du projet ITER est estimé à 10 milliards d'euros sur 30 ans, dont la moitié devrait être payée par les contribuables européens et français tandis que le budget recherche pour la fusion devrait être raboté de 10% pour la période 2007-2011, passant de 2159 millions d'euros à 1947 millions d'euros. Alors que ni le Parlement européen ni le Conseil n'ont officiellement approuvé les budgets des futurs programmes-cadres de recherche, M. Potocnik, le Commissaire en charge de la recherche, va officiellement parapher cet accord ITER. De quelle autorité peut-il engager les contribuables européens à débourser chaque année, pendant au moins 30 ans, des sommes qui pourraient être plus intelligemment dépensées? Pour ces raisons, les Verts demandent la suppression du Traité Euratom qui perpétue un système archaïque profondément anti-démocratique. Il est temps que cela change. Cela fait 50 ans que ce traité existe, cela fait 50 ans que les institutions, telles le Parlement européen, ne sont pas partie prenante dans ces décisions. Ici, le débat n'est pas tant "pour" ou "contre" le nucléaire que "pour" ou "contre" une réelle participation aux décisions des instances démocratiques que sont les parlements nationaux et européen, les associations citoyennes et les citoyens eux-mêmes."