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Bulletin Quotidien Europe N° 9127
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/defense

L'UE doit réviser sa stratégie globale et perfectionner ses outils civils et militaires

Paris, 08/02/2006 (Agence Europe) - La Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) a fait du chemin depuis son lancement mais, à côté de ses lacunes bien connues (manque de moyens notamment), elle fait face à de nouveaux défis dont la nécessité de définir une stratégie globale pour mieux utiliser et articuler ses outils civils et militaires, et le repositionnement de l'OTAN dans le nouveau contexte mondial. C'est la principale conclusion du séminaire « Le futur de la PESD », organisé le 6 février à Paris par l'Institut d'Etudes de Sécurité de l'Union européenne (EUISS). En introduisant le débat, la directrice de l'Institut, Nicole Gnesotto, a notamment souligné que « la diplomatie deviendra fondamentale » pour gérer des crises comme celle de l'Iran même si, dans ce cas précis, « ni les Européens, ni les Américains n'ont la solution ». Comment renforcer la PESD face à des crises dont la gestion est de moins en moins militaire alors que l'OTAN lui « pique ses prérogatives » ?: voilà une des questions posées pendant le séminaire.

La PESD a besoin d'une stratégie globale pour savoir « comment utiliser ses moyens militaires » et les articuler avec ses moyens civils, a expliqué Stefano Silvestri, président de l'Istituto Affari Internazionali (IAI) de Rome, pour qui l'UE devra également régler ses problèmes institutionnels car « l'absence d'un ministre des Affaires étrangères puissant (…) va inévitablement entraîner un ralentissement du développement de la PESD ». L'UE doit aussi faire face à des résistances internes lorsqu'il s'agit d'utiliser les outils dont, pourtant, elle dispose. Dans le cas de l'envoi éventuel d'une mission de l'UE en République démocratique du Congo (RDC), par exemple, « les modalités de planification » de la mission sont « un thème de débat » au sein de l'UE, a expliqué un haut fonctionnaire de l'UE. On le voit bien, « ce n'est pas une question de structure, mais une question politique », a ajouté ce fonctionnaire.

Soulignant que la Commission européenne et le volet civil de la PESD sont parfois dotés des mêmes instruments, Catriona Gourlay, de l'Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement, a appelé l'UE à mettre de l'ordre pour parvenir à « davantage de cohérence et moins de doublons ». En outre, le Conseil de l'UE peut assurer un suivi direct, et le cas échéant, faire pression sur les pays tiers pour atteindre ses objectifs, a expliqué un haut fonctionnaire de l'UE pour justifier le fonctionnement de l'aspect civil de la PESD, tout en reconnaissant la nécessité d'améliorer la coopération et la cohérence des outils civils et militaires de l'UE.

L'argent est le nerf de la guerre. Et d'argent, la PESD en manque cruellement. De 47,5 millions d'euros en 2003, on est passé à environ 102 millions en 2006, ce qui est bien mais insuffisant car malgré cette augmentation, « en général, au milieu de l'année, il n'y a plus rien », a expliqué l'ancien Représentant permanent auprès de l'UE Philippe De Schoutheete, de l'Institut royal des Relations internationales de Bruxelles. Même si le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, a estimé à 120 millions d'euros les besoins pour 2006 (sans compter les éventuelles missions de l'UE au Kosovo et en RDC), il s'agit de « cacahouètes lorsqu'on entend le rôle que l'UE est censée jouer » sur la scène internationale, a estimé pour sa part Antonio Missiroli, du European Policy Center, qui, citant des sources diplomatiques, estime que la mission que l'UE pourrait envoyer au Kosovo pourrait coûter à elle seule jusqu'à 40-50 millions d'euros par an. Plus d'argent, c'est très bien mais il faut aussi renforcer le contrôle parlementaire en la matière, a plaidé le président de la sous-commission sécurité et défense du Parlement européen Karl von Wogau (PPE-DE).

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