Strasbourg/Bruxelles, 15/12/2005 (Agence Europe) - Le député européen Andrew Duff (ALDE, britannique) a été désigné comme observateur du Parlement au procès contre le célèbre écrivain turc Orhan Pamuk qui commence le 16 décembre à Istanbul. M. Duff, qui est favorable à l'adhésion de la Turquie à l'UE, affirme dans un communiqué qu'il est « scandaleux que le système judiciaire turc puisse songer à emprisonner quelqu'un pour sa liberté d'opinion ». M. Duff rappelle que M. Pamuk a été accusé au titre d'une loi (l'article 301 du Code pénal) qui a été récemment révisée dans le cadre des réformes entreprises par Ankara pour pouvoir négocier son adhésion à l'UE.
Dans une déclaration, le Commissaire à l'élargissement Olli Rehn affirme que ce procès nuit aux négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, et que ce procès, en fait, n'est pas le procès de l'écrivain, mais celui de la Turquie elle-même, car il sera un test essentiel pour vérifier si la Turquie est sérieusement engagée en faveur de la liberté d'expression et « si elle respecte les critères politiques de Copenhague ». « C'est une occasion d'établir un précédent positif pour les nombreuses autres affaires de liberté d'expression qui sont en attente d'un procès », dit le Commissaire aux autorités turques. Selon lui, il est clair que le nouveau Code pénal ne protège pas suffisamment la liberté d'expression. M. Rehn attend donc que les juges interprètent l'article 301 du nouveau Code pénal de manière pleinement conforme à la Convention européenne des droits de l'homme, et que le gouvernement mette fin aux ambiguïtés du Code qui permettent des interprétations restrictives.