login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9087
Sommaire Publication complète Par article 19 / 37
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/omc/conference de hong-kong

Les protagonistes donnent le ton - L'Union est sommée de bouger sur l'accès au marché agricole

Hong-Kong, 12/12/2005 (Agence Europe) - A la veille de l'ouverture officielle de la 6ème Conférence de l'OMC qui doit réunir du 13 au 18 décembre les ministres du Commerce de 149 pays (bientôt 150 avec l'accession cette semaine des îles Tonga), les négociateurs en chef des principales puissances commerciales ont donné le ton lundi de la difficile semaine de pourparlers à venir. Au cours de conférences de presse distinctes, Européens, Américains et Brésiliens ont en effet campé sur leurs positions au sujet du volet agricole qui paralyse les négociations depuis plusieurs semaines. « Je suis à Hong-Kong pour discuter sérieusement avec mes partenaires et j'espère que les autres sont venus pour discuter sérieusement avec moi. Cela ne veut pas dire que je vais proposer une nouvelle offre sur l'agriculture », a prévenu dès lundi matin le Commissaire au Commerce, Peter Mandelson. « Je ne crois pas que c'est ce dont le Doha Round a besoin actuellement de la part de l'Europe. Il revient donc aux autres de faire des offres améliorées dans des domaines clés des négociations » (les biens manufacturés et les services), a-t-il insisté. Dans sa dernière offre du 28 octobre, l'Union a proposé de réduire de 35% à 60% ses droits de douane (les réductions les plus fortes s'appliquant aux tarifs les plus élevés qui dépassent 90%) sur les importations de produits agricoles. Cette offre ne satisfait cependant ni les Etats-Unis (Washington propose des réductions de 55 à 90%), ni le Brésil, qui attendent de nouvelles avancées de la part de l'Europe. M. Mandelson avait toutefois déjà averti, jeudi dernier, qu'il ne présenterait pas de nouvelle offre pour ne pas « perdre le soutien des Etats membres ».

« La clé du développement se trouve dans l'accès au marché. Nous devons faire des progrès en agriculture parce que ce domaine est le défi numéro un », a estimé pour sa part le représentant américain au Commerce, Rob Portman. « Les Etats-Unis ont présenté en octobre une offre agricole audacieuse à laquelle nos partenaires, en particulier l'Union, doivent encore répondre », a affirmé M. Portman (Washington a notamment proposé de réduire de 60% les soutiens internes qu'elle verse à ses agriculteurs). Le négociateur américain a par ailleurs souligné qu'il était essentiel qu'un trop grand nombre d'exemptions en matière de produits sensibles ne vienne pas compromettre la conclusion d'un accord. En revanche, comme pour son homologue européen, il est essentiel pour lui de progresser de manière équilibrée sur l'ensemble des volets des négociations, et donc de ne pas négliger les secteurs des services et des biens non agricoles. Concernant les services, le défi est d'obtenir des engagements sur un meilleur accès au marché dans les secteurs des services financiers, des télécommunications, des TIC, de services de distribution express (express delivery) et de l'énergie. Concernant les biens manufacturés, les pays de l'OMC devront négocier une plus grande réduction pour les tarifs les plus élevés pour obtenir des gains importants. Par ailleurs, tout en vantant l'ouverture sans égal du marché américain aux produits des pays en développement, M. Portman a reconnu la nécessité de progresser sur la négociation d'un paquet développement adéquat accroissant les chances des pays les plus vulnérables de tirer pleinement profit des bénéfices d'un commerce plus libre. Dans un message à peine voilé adressé à son homologue européen, M. Portman a cependant souligné qu'une telle initiative ne pouvait être dissociée de progrès dans d'autres domaines, en particulier l'accès au marché agricole. De même, la question de l'érosion des préférences qui préoccupe tant les pays les plus vulnérables pourrait trouver une réponse dans un accès amélioré aux marchés des pays émergents.

Pour le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, qui s'est exprimé lundi au nom de son pays, non en celui du groupe des pays émergents du G20 dont il est leader, « le Doha Round n'aboutira pas à un accord sans une offre améliorée de l'Union sur l'agriculture ». Assurant que le Brésil, avec ses partenaires du Mercosur, était prêt à prendre ses responsabilités pour garantir un accès au marché amélioré aux PMA, M. Amorim a souligné que le Doha Round était « un cycle consacré au développement, mais aussi un cycle agricole ». Pour le négociateur brésilien, la conclusion finale d'un accord dépend de trois facteurs: une offre améliorée de l'UE en matière d'accès au marché agricole, une offre consolidée sur les soutiens internes des Etats-Unis et un engagement des pays développés exportateurs agricoles d'éliminer leurs subventions à l'exportation à une date-butoir. « Si nous ne parvenons pas à nous entendre sur les modalités et les chiffres cette semaine, nous devons au moins progresser sur le langage et les concepts et obtenir des clarifications sur les sensibilités », a insisté M. Amorim. « Il est maintenant clair qu'à moins qu'un miracle ne se produise, non n'aurons pas d'accord à Hong-Kong », a-t-il reconnu, avant d'accuser les pays riches de sacrifier les intérêts des pays en développement pour protéger à tout prix ceux de leurs agriculteurs qui ne représentent qu'une partie infime de leur population.

Alors que la menace d'un nouvel échec pour le Doha Round après celui de Cancun en 2003 était déjà palpable lundi, une mince satisfaction venait de la proposition faite samedi par le Japon, leader aux côtés de la Suisse du groupe des importateurs net agricoles du G10, d'offrir dans le contexte du paquet développement un accès sans droits de douane ni quotas à tous les pays en voie de développement et une enveloppe de 10 milliards de dollars comme aide au commerce.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
SUPPLEMENT