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Bulletin Quotidien Europe N° 9081
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/fmi

M. Hamon plaide pour un recentrage du FMI sur ses activités d'origine et pour une chaise européenne unique en son sein

Bruxelles, 02/12/2005 (Agence Europe) - Quelle réforme pour un Fonds monétaire international (FMI) en proie à une crise de légitimité ? se sont interrogés mardi les députés de la commission économique et monétaire du Parlement lors d'une audition d'experts organisée en préparation du rapport du socialiste français Benoît Hamon, sur le processus de réexamen stratégique entamé par l'institution de Bretton Woods. Ce rapport, qui devrait être débattu en plénière en février 2006, plaide pour une chaise unique de l'Union européenne au FMI, un objectif déjà énoncé sous Présidence autrichienne lors du Conseil européen de Vienne en 1998 mais perdu de vue. M. Hamon regrette l'absence de progrès notable vers une meilleure coordination des positions européennes, estimant que la prochaine Présidence autrichienne pourrait aller de l'avant. Cette question renvoyant à celle de la représentation de l'UE dans d'autres organisations internationales, le Président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, s'intéresserait aussi à cette initiative, a expliqué à quelques journalistes M. Hamon.

« La seule chose à constater, c'est que le système ne fonctionne pas bien », a observé pendant le débat Ngaire Woods, professeur à l'université d'Oxford, pour qui le FMI est une institution « anachronique et redondante ». Un constat tout juste tempéré par la démarche d'autoévaluation initiée par le FMI, qui a été saluée par les intervenants, mais dont ils espèrent davantage que les premières ébauches de réforme. Espérant que le Fonds puisse accomplir la mission pour laquelle il avait été créé, à savoir « la répartition des bénéfices de la mondialisation » (selon elle, la mondialisation était en fait finie, en 1910, avec le repli sur elles-mêmes d'économies qui avaient été jusque là très ouvertes), Mme Woods a fustigé le « rôle de maître d'école » joué par le FMI et l'absence totale d'analyse par le FMI de l'impact social des crises financières. Une position largement partagée par Mario Cafiero, membre du Congrès argentin, qui, à renforts de graphiques et de statistiques, a montré les limites flagrantes de l'intervention du FMI dans son pays entre 1976 et 2003. « La fuite de capitaux s'est multipliée, la dette a explosé, le chômage a augmenté et le PIB a diminué », voilà le résultat de la politique du Fonds, a déploré M. Cafiero, en dénonçant une fuite de capitaux égale à la dette publique argentine. Le jugement de Hetty Kovach d'Eurodad, réseau d'ONG actives dans le développement, était aussi plutôt critique à l'égard du FMI.

Plusieurs de ces éléments se retrouvent dans le rapport Hamon, qui appelle notamment à améliorer la gouvernance du FMI, notamment en passant par un dialogue plus régulier avec les parlements nationaux ou l'institution d'un groupe de travail ad hoc au Parlement européen sur les questions touchant aux institutions de Bretton Woods. Et de plaider surtout pour un recentrage du FMI sur ses activités d'origine, la prévention et la surveillance des crises financières, alors qu'il est progressivement intéressé à l'ensemble des politiques publiques, dépassant le cadre strict du maintien de la stabilité financière internationale. Cela a conduit à réduire le rôle d'autres organisations internationales spécialisées (OIT, OMS, PNUD, CNUCED) dont l'expertise est bien supérieure à celle du Fonds sur ces sujets, a déploré Benoît Hamon lors du débat. « Nos recommandations reflètent les politiques que les pays concernés auraient du élaborer avant la crise » mais qui ont été écartées, notamment parce qu'elles sont « politiquement délicates », s'est défendu le Directeur général adjoint du FMI, Agustin Carstens, qui a rappelé les principaux éléments de la réforme en cours au FMI.

Le Fonds doit régler le problème des quotes-parts et des droits de votes de ses membres, a aussi noté M. Carstens, pour qui on ne devrait « exclure aucune formule a priori », même « si certains pays vont y gagner et d'autres y perdront ». Dans le système actuel, les Etats-Unis avec 17,11% des votes disposent d'un droit de veto de fait pour les décisions les plus importantes, observe M. Hamon, expliquant que l'UE, si elle était membre du FMI en tant que telle, disposerait de 31,92% des voix. Avec une chaise unique, le nombre de voix de l'UE serait cependant plus faible, puisqu'il faudrait alors exclure le commerce intracommunautaire du calcul de son poids économique, explique M. Hamon, qui appelle à un renforcement graduel de la coordination des pays de l'UE au sein du FMI afin d'arriver à terme à une représentation unique. Restent à surmonter les réticences des Etats membres dont le poids au FMI est « démesurément important par rapport à leur poids économique » (Belgique et Pays-Bas) et de « ceux qui dirigent une circonscription » (France et Royaume-Uni), avertit le rapporteur. Jean-Louis Bourlanges (ALDE, français), rapporteur pour avis de la commission du commerce international, s'est prononcé pour « un collège électoral unique pour l'UE » au FMI, qui, dit-il, « a encore des progrès à faire pour « arriver à un parallélisme des formes de l'OMC ».

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