Barcelone, 30/11/2005 (Agence Europe) - La « Plate-forme de la société civile », qui regroupe des associations non gouvernementales actives dans le champ de la démocratie politique ou de la solidarité sociale, se réjouit d'avoir été invitée à s'exprimer devant les chefs d'Etat ou de gouvernement au sommet euroméditerranéen de Barcelone. Ce succès de la « société civile » est cependant tempéré par le fait que plusieurs pays de la rive Sud ont bataillé, lors de la rédaction de la déclaration finale (finalement non rendue publique: voir EUROPE n° 9077), pour réduire leur rôle dans le dialogue EuroMed, explique Souheyr BelHassen, une des responsables de la plate-forme présente à Barcelone. L'Egypte, en particulier, a obtenu qu'il ne soit fait référence qu'aux associations admises par les autorités. Cependant, disent les représentants de la société civile dans une déclaration, cette présence à Barcelone « marque notre attachement au partenariat EuroMed que nous considérons comme indispensable à la construction d'un avenir partagé et d'un développement équilibré entre les peuples de notre région ». Malgré ce demi-succès à Barcelone, ils maintiennent donc leur appel à une reconnaissance effective de leur rôle, « dans le respect de la plus totale indépendance des acteurs de la société civile ». Le Partenariat EuroMed « ne peut pas prospérer si nous ne sommes pas en mesure de promouvoir un progrès social partagé par tous les peuples de la région, ce qui implique de mieux apprécier l'impact, notamment sur l'emploi, des politiques de libéralisation des échanges. Nous devons intégrer en amont de toute politique la nécessité de préserver notre environnement et de planifier les conditions d'un développement durable », affirme la déclaration, qui souligne aussi que « la circulation des personnes dans toute la région est la condition préalable à toute démarche de rapprochement entre les peuples ». Globalement, « rien ne sera possible si nous ne savons pas, au-delà des tentatives institutionnelles, tisser des liens profonds entre les cultures et respecter leur diversité. Le respect de l'autre, de la richesse que constituent les apports de toute culture, le droit des femmes à l'égalité doivent nous guider pour répondre à la montée des intolérances auxquelles nous assistons », poursuit la déclaration, en concluant: le chemin vers la démocratie est « encore long (…), nous sommes convaincus qu'il n'est pas d'autre voie si nous voulons répondre aux aspirations des peuples de notre région. (…) Les sociétés civiles jouent un rôle primordial et souhaitent que ce rôle soit pleinement reconnu ».