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Bulletin Quotidien Europe N° 9079
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/commerce

M. Mandelson accuse les grands pays exportateurs agricoles de mettre en péril le Doha Round

Bruxelles, 30/11/2005 (Agence Europe) - Après avoir participé à l'ouverture d'une réunion ministérielle du groupe des pays en développement (PED) du G90 (voir autre nouvelle), le Commissaire au Commerce, Peter Mandelson, a fait une dernière fois le point devant le Parlement européen sur les négociations à l'OMC, avant la Conférence de Hong-Kong qui s'ouvre le 13 décembre. « Il est facile de reprocher sans cesse à l'UE ses réticences en matière agricole. Nous avons fait trois propositions importantes en 18 mois, nos partenaires n'ont pas bougé », a-t-il déploré. « Les grands exportateurs agricoles risquent de perdre tous les avantages offerts par l'UE (…) en conduisant le cycle de Doha à l'échec par leur refus d'offrir une réciprocité. S'ils continuent simplement à demander plus à l'Europe sans faire des concessions, ce sont eux, pas nous, qui risquent de détruire le cycle, et ils en sortiront sans rien », a-t-il averti, en rappelant: le Round de Doha et avant tout « un Round de développement, pas un Round pour les exportateurs agricoles ». « Nous avons présenté le 28 octobre une offre globale contenant des avancées en matière d'accès au marché agricole. Nos propositions sur l'agriculture ne causeront pas préjudice au secteur agricole, ne détérioreront pas l'accès préférentiel que nous offrons aux ACP et elles permettront aux exportateurs agricoles d'arriver sur nos marchés. Mais plutôt que de saisir cette chance, nos partenaires ont choisi de rejeter notre offre sur l'agriculture, de la critiquer alors qu'elle va très loin », a poursuivi M. Mandelson avant d'accuser certains pays de vouloir « optimiser leurs avantages compétitifs sur le marché mondial sans se soucier de leurs partenaires ». « Notre offre est crédible, alors que les offres américaine et du G-20 sont à leur avantage et au détriment de nos agriculteurs et des pays les plus pauvres, les ACP notamment », a-t-il répété, en assurant qu'il ne ferait pas d'offre agricole supplémentaire. Le Commissaire promet qu'il se battra pour obtenir un accord sur les indications géographiques et un accès amélioré aux marchés de biens et services des membres de l'OMC. Sur les services, il a de nouveau expliqué que l'UE ne souhaitait pas un engagement des pays membres à la déréglementation des marchés ou à la privatisation, mais qu'elle était attachée à un traitement équivalent pour les services nationaux et étrangers. Enfin, il a rappelé que l'Union soutiendrait à Hong-Kong l'élaboration d'un « paquet développement » ambitieux engageant les pays développés et émergents à fournir un accès sans droits de douane à tous les PMA, à mettre en place un traitement spécial et différencié plus flexible, et à garantir un accès aux médicaments génériques (accord ADPIC) et un paquet de facilitation des échanges pour les pays les plus pauvres.

« Nous devons donner la priorité à la question la question du développement. Au nom du groupe PPE-DE, je vous encourage, M. Mandelson, soyez fort !!! », a déclaré le Grec Georgios Papastamkos en ouverture du débat. Le Belge Johan UE/OMC: le G-20 dans la ligne de mire de M. Mandelson - L'Inde affirme sa position aux côtés des plus démunis Van Hecke (ALDE) a approuvé la fermeté de M. Mandelson en matière agricole. Le socialiste français Harlem Désir a plaidé pour sa part: « Il est important de ne pas forcer à tout prix l'ouverture de certains marchés des pays en développement, en particulier pour les industries sensibles et naissantes. Nous devons garantir le droit des PED à maîtriser leur rythme de développement. Dans le domaine agricole, il reste des marges de manœuvre et nous demandons une suppression des subventions à l'exportation d'ici 2010. Pour les biens manufacturés, nous sommes contre la formule « suisse » que vous (M. Mandelson) soutenez ». Quant aux services, on ne peut pas refuser aux PED le droit de réguler leurs propres services, dit M. Désir, pour qui, dans ce domaine, l'éducation, la santé et l'audiovisuel devaient être exclus des négociations. En outre, selon lui, tout accord à l'OMC devra garantir que les secteurs de l'eau et de l'énergie ne sont pas démantelés. La verte britannique Caroline Lucas a de nouveau appelé à « protéger les PED contre une libéralisation de grande ampleur dans certains secteurs », en particulier les services mais aussi les industries naissantes. « On lit dans les journaux que vous êtes la voix des pauvres, alors que vous leur demandez une libéralisation forcée de leurs marchés qui mettrait en péril leurs économies fragiles », a déploré Mme Lucas. Le président du groupe GUE/NGL, le Français Francis Wurtz a adressé lui aussi une série de critiques au Commissaire au Commerce. Selon lui, l'Union doit en particulier exiger de trouver, dans cette négociation, une solution sur l'accès aux médicaments, négocier un véritable paquet de « développement » alors que « tous les acquis de Lomé ont été sacrifiés sur l'autel de l'OMC », défendre le droit à la sécurité alimentaire, combattre le productivisme dans le domaine agricole, exclure santé, éducation, culture et eau de tout accord commercial et exiger la fixation de normes sociales et environnementales contraignantes.

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