Bruxelles, 30/11/2005 (Agence Europe) - « Les jeunes de l'Union européenne et des pays voisins figurent parmi les principales victimes d'une recrudescence de l'épidémie mortelle de VIH/sida », souligne un communiqué de la Commission diffusé à l'approche de la Journée mondiale du sida le 1er décembre. Le réseau EuroHIV financé par l'UE a publié des données indiquant que le nombre de nouveaux cas de VIH diagnostiqués ne cessait de croître. Dans les vingt pays de l'UE pour lesquels des données étaient disponibles pour les quatre dernières années, le nombre de nouveaux cas signalés a augmenté de 23 %. C'est au Royaume-Uni que la hausse a été la plus marquée, avec 69 %. En 2004, le nombre de nouveaux cas enregistrés dans l'ensemble de la région européenne de l'OMS (52 pays) a atteint 71 755, soit près du double du nombre de cas diagnostiqués en 1999. Dans l'UE, on a enregistré 21 164 nouveaux cas en 2004. Selon de nouvelles estimations de l'ONUSIDA, 2,3 millions de personnes sont atteintes du VIH et du sida dans la région européenne. Pour lutter contre la recrudescence de l'épidémie en Europe et dans les pays voisins, la Commission adoptera bientôt une communication présentant des mesures concrètes pour la période 2006-2009 et concernant: participation de la société civile, partenariats avec l'industrie, surveillance, prévention des nouvelles contaminations, toxicomanie, éducation, accompagnement psychologique, tests, recherche et initiatives en faveur des pays voisins. La Commission continue à investir dans des projets de recherche sur de nouveaux médicaments et sur des microbicides et des vaccins pour empêcher la propagation du virus.
Depuis 1984, le réseau de surveillance EuroHIV http: //http://www.eurohiv.org/index_fr.htm , financé en partie par la Commission, coordonne les activités de surveillance sur le VIH/sida dans les 52 pays de la région européenne de l'OMS. En 2008, la responsabilité du réseau passera aux mains du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM) http: //ecdc.eu.int. Selon les données du réseau, l'injection de drogues reste la principale source de transmission et est responsable d'une part de plus en plus importante des nouveaux cas d'infection par le VIH. La plupart des séropositifs sont jeunes et sexuellement actifs. Dans l'UE, la contamination par le VIH à la suite de relations hétérosexuelles et parmi les hommes homosexuels et bisexuels est en hausse.
Au Parlement européen, le président Josep Borrell a fait une déclaration à l'ouverture de la session plénière du 30 novembre en soulignant une nouvelle fois les efforts qui ne doivent pas être ménagés en Europe et dans le reste du monde pour enrayer la pandémie du sida. L'élue italienne du groupe GUE/NGL Luisa Morgantini et plusieurs autres députés ont distribué des rubans rouges à l'entrée de l'hémicycle. Lors d'une conférence de presse organisée le 1er décembre, Mme Morgantini devrait une nouvelle fois déplorer les problèmes d'accès aux médicaments anti-rétroviraux dans les pays pauvres.
Le coût des médicaments ne cesse d'ailleurs de croître, selon le réseau EATG (European Aids Treatment Group) qui s'inquiète des conséquences de cette inflation pour le traitement des malades même en Europe. Lors de la 10ème conférence européenne sur le sida, le 19 novembre à Dublin, David Haerry avait déploré le prix réclamé par le laboratoire Boehringer Ingelheim pour son dernier inhibiteur de la protéase Aptivus (24 euros par jour, ce qui signifierait que la combinaison de médicaments nécessaires au traitement pourrait atteindre environ 75 euros pas jour).
Selon les chiffres de l'UNAIDS, en 2004, cinq millions de personnes ont été infectées par le VIH dans le monde et 3,1 millions sont décédées des suites du sida, dont 570 000 enfants. 6,5 millions de personnes ont un besoin urgent d'un traitement anti-rétroviral.