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Bulletin Quotidien Europe N° 9067
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/cese/strategie de lisbonne

Pour Maria Joao Rodrigues, les programmes de réformes nationaux pour la croissance et l'emploi sont des « agendas pour l'action » - le Comité doit servir de pont entre les conseils économiques et sociaux nationaux pour la réussite de l'agenda de Lisbonne

Bruxelles, 14/11/2005 (Agence Europe) - Les programmes d'action nationaux pour la croissance et l'emploi visant à mettre en œuvre les objectifs renouvelés de la stratégie de Lisbonne ont été au cœur des travaux de l'audition publique organisée par le Comité économique et social européen (CESE) les 8 et 9 novembre à Bruxelles (EUROPE n°9056 et 9061). Les acteurs socio-économiques ont pu témoigner de la situation dans leur pays, dont la plupart ont remis leur programme à la Commission (sauf l'Allemagne et la Pologne, pour des raisons électorales) pour la fin du mois d'octobre.

Véritable nouveauté depuis le lancement de la stratégie de Lisbonne en 2000, les programmes d'action nationaux « adaptent l'ordre du jour européen aux compétences nationales. Il s'agit d'une occasion unique de créer un pont solide entre le débat au niveau européen et national, si on veut surmonter les difficultés actuelles », a déclaré le Professeur Maria João Rodrigues, présidente du Groupe des conseillers auprès de la Commission européenne et l'un des initiateurs de la stratégie de Lisbonne. « C'est en construisant ce pont qu'on arrivera à construire l'Europe », a-t-elle ajouté. Pour Mme Rodrigues, ces programmes sont « des agendas pour l'action fournissant une plate-forme qui doit être prise en compte par les conseils économiques et sociaux pour leurs prises de positions sur des sujets tels que les orientations stratégiques, les méthodes de financement ou l'implication de la société civile ». Pour que la stratégie de Lisbonne puisse réussir, les conseils économiques et sociaux « doivent communiquer de manière plus efficace sur le travail qu'ils effectuent (…). Il faut donc plus de visibilité et d'information (…). Et c'est le CESE qui doit servir de pont entre les conseils économiques et sociaux ».

A propos des programmes nationaux pour la croissance et l'emploi, Mme Rodrigues estime que « la coordination interne au sein des gouvernements pour parvenir à une stratégie concrète est un peu trop faible », d'où la nécessité d'y impliquer aussi le CESE, les conseils économiques et sociaux et la société civile. Le Comité, selon elle, doit se poser les questions suivantes: - est-ce qu'on fait les bons choix politiques ?; - ces choix ont-ils des effets pour l'éducation, pour la recherche, pour l'innovation ?; - quel est le rôle prévu pour la société civile ?; - quels sont les moyens financiers ?» Les Etats membres préparent aussi leurs programmes pour les fonds structurels, et « il faut associer les deux exercices », observe Mme Rodrigues, pour qui il faut des « boîtes à outils, par exemple pour le groupe des innovateurs, les entreprises, les universités, les écoles, les jeunes, les familles, les demandeurs d'emploi, les autorités locales, les partenaires sociaux, etc., tous des groupes indispensables pour mettre en œuvre la stratégie de Lisbonne ». (Pour le détail des réflexions de Mme Rodrigues, voir EUROPE n°9061).

En répondant à quelques interventions, Mme Rodrigues a noté que « l'idée de combiner compétitivité et cohésion sociale en investissant dans une économie de la connaissance » a été maintenue dans la stratégie renouvelée, tout comme l'équilibre entre les piliers environnement, social, économie, mais que la nouveauté vient d'une clarification des priorités et de la mise en place de 24 lignes directrices. Elle a aussi noté que « un des enjeux de cette nouvelle stratégie, c'est un changement de culture de gestion au niveau des entreprises ». Quant à la question de savoir « qui fait quoi », Mme Rodrigues a rappelé que les programmes de réforme nationaux sont de la responsabilité des gouvernements. « Il faut dépasser la schizophrénie: il ne faut pas dire une chose quand on vient au Conseil des ministres à Bruxelles et puis l'oublier quand on rentre dans les capitales ! », a lancé Mme Rodrigues. Et d'insister sur le rôle des « grandes entreprises, qui sont les mieux placées pour détecter les opportunités et qui ont un rôle clé à jouer (…) pour aller vers de nouveaux modèles d'emploi ».

Le Vice-Président du CESE Roger Briesch a annoncé que la future Présidence autrichienne de l'UE a invité le Comité à élaborer un avis exploratoire sur le thème « Cheminement vers la société européenne de la connaissance - contribution de la société civile organisée à la stratégie de Lisbonne » (qui sera adopté par la plénière de décembre). Cet avis exploratoire et le rapport de synthèse rédigé conjointement par les conseils économiques et sociaux nationaux, les ONG et la société civile seront discutés lors de la conférence à haut niveau sur la stratégie de Lisbonne, qui se tiendra fin février/début mars 2006 à Budapest, juste avant le Sommet de printemps, a confirmé Janos Toth , membre du CESE et Secrétaire général du conseil économique et social hongrois.

Au cours du débat, Tom Van der Wijst (conseil économique et social néerlandais) a souligné la longue tradition de consultation aux Pays-Bas. Le processus de Lisbonne débouche-t-il sur plus d'implication et d'engagement fort de la part des partenaires sociaux ? Selon lui, la réponse à cette question est « non ». Pauliina Haijanen, rapporteur du Comité des Régions (CdR) sur les lignes directrices intégrées, a mis en exergue quelques bonnes pratiques essentielles, entre autres - les Etats membres devront définir des objectifs clairs avec les administrations locales et régionales, renforcer la capacité des entreprises, prendre en compte les services municipaux et les rendre plus compétitifs ; - il faudra compter sur des services publics efficaces ; il faudra impliquer les acteurs sociaux dans la stratégie de Lisbonne. Anita Vium, rapporteur pour le CESE sur l'avis « la flexicurité: le cas du Danemark », a noté pour sa part que ce pays, qui « estime réaliste d'offrir une alternative au modèle social européen » est dans le peloton de tête en Europe en matière de cohésion sociale. « Flexicurité implique à la fois flexibilité, souplesse et sécurité de disposer d'allocations de chômage très élevées », a indiqué Mme Vium en précisant qu'au Danemark, une allocation de chômage « va jusqu'à 90% du dernier salaire et que 70% en est un taux forfaitaire ». Zoe Tzotze-Lanara, du Conseil économique et social grec, a expliqué que dans son pays a été mise en place une structure ad hoc, l'Observatoire des partenaires sociaux, qui travaille essentiellement sur l'impact de la qualité des ressources humaines.

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