Bruxelles, 14/11/2005 (Agence Europe) - Dans une lettre envoyée le 11 novembre dans la soirée au Premier ministre français Dominique de Villepin, dont le pays est frappé par une vague de violences urbaines de grande ampleur, le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso a assuré son « son soutien à la réhabilitation des quartiers affectés par ces heurts, dans la mesure des ressources budgétaires disponibles », si le gouvernement français le souhaite.
Dans sa lettre, le Président Barroso indique que jusqu'à 50 millions d'euros - somme disponible au titre du programme URBAN - seraient mis à disposition pour la reconstruction des centres urbains et les autres zones touchées par les violences en France, a noté devant la presse Jonathan Todd, un porte-parole de la Commission le 14 novembre à Bruxelles. Dans la soirée du 13 novembre, M. Barroso a rencontré M. de Villepin, qui « s'est félicité de la proposition de la Commission », a ajouté le porte-parole. Dans cet esprit, une réunion entre les services compétents de la Commission et des autorités se tiendra jeudi 17 novembre (en France) pour discuter de la réaffectation des sommes non encore dépensées par la France et disponibles jusqu'en 2006. « Les 50 millions d'euros sont de l'argent attribué à la France pour d'autres projets mais pas encore utilisés. Suite aux réflexions menées au sein des services de la Commission, ces 50 millions d'euros pourraient être réattribués à des endroits touchés par les violences, pour autant que le gouvernement français le souhaite », a précisé Jonathan Todd. Dans sa lettre, le Président Barroso indique: « Dans le cas où les autorités françaises décideraient d'aller plus loin en donnant la priorité à ces actions par rapport aux projets non encore déjà formellement programmés, le système français de gestion des programmes soutenus par les fonds structurels nous indique qu'une enveloppe financière potentielle de l'ordre du milliard d'euros pourrait être mobilisée. Une telle décision requiert toutefois l'élaboration de montages financiers au détriment de projets beaucoup plus avancés dans leur préparation ». « Ce milliard d'euros est le total qui reste à attribuer en France dans le cadre des Fonds structurels (objectif 2) d'ici fin 2006. Il n'est pas exclu qu'une partie de cet argent soit aussi attribué à cette réhabilitation », a commenté devant la presse Jonathan Todd. Et d'insister: « Si les autorités françaises sont d'accord, nous pourrions réaffecter les fonds. La balle est dans leur camp: ou bien elles n'ont pas besoin de cet argent, ou bien elles souhaitent le réaffecter ».
Le Président Barroso rappelle aussi dans sa lettre que la Commission (Direction générale de la Politique régionale) « prépare une communication sur la contribution des villes à la politique de cohésion. Ce document indiquera des pistes afin que les villes puissent utiliser les fonds structurels pour améliorer la croissance, l'emploi et pour une meilleure qualité de vie pour les citoyens et les entreprises, tout en assurant plus d'efficacité aux actions de lutte contre toutes les formes d'exclusion ».