Bruxelles, 14/11/2005 (Agence Europe) - En adoptant une communication intitulée « une politique des PME moderne pour la croissance et l'emploi », la Commission a mis en place « une nouvelle stratégie politique pour améliorer les perspectives de croissance et libérer le potentiel d'emploi des petites et moyennes entreprises », a expliqué jeudi dernier à la presse le Commissaire à l'Industrie, Günter Verheugen. Cette stratégie vise donc à fournir aux 23 millions de PME (près de 99% des entreprises) en Europe un cadre réglementaire, un accès au financement et un accès aux marchés améliorés. Pour atteindre ces objectifs, la Commission met en exergue des lignes d'action spécifiques sur: (1) la promotion de l'entreprenariat et des compétences ; (2) l'accès amélioré aux marchés ; (3) l'accès amélioré au financement ; (4) l'amélioration du potentiel de croissance des PME via l'innovation (dans ce contexte, la Commission travaille activement pour la participation des PME au 7ème Programme cadre pour la recherche et le développement (PCRD) et protéger les droits de la propriété intellectuelle pour les PME innovantes) ; (5) la réduction du fardeau administratif et l'amélioration du cadre réglementaire. La nouvelle politique de la Commission pour les PME est par ailleurs nettement axée sur une consultation étroite avec les parties prenantes. Pour plus de détails sur la nouvelle stratégie de la Commission en faveur des PME, voir EUROPE n° 9032.
« C'est une bonne nouvelle pour les PME d'Europe », se félicite dans un communiqué l'Union des PME en saluant notamment la « détermination » de la Commission à réduire la bureaucratie et à intégrer le principe du « Think small first » dans les politiques communautaires visant à fournir un meilleur cadre réglementaire aux PME. Si elle se félicite également de l'engagement de la Commission à renforcer les consultations auprès des parties prenantes, l'Union des PME estime toutefois que « les propositions, les préoccupations et les besoins des PME devront être plus systématiquement pris en compte par la Commission et les institutions européennes que cela ne l'a été par le passé ». « La Commission ne doit pas se contenter de publier un document politique. Les beaux mots devront être suivis par des actions concrètes », insiste le communiqué. La fédération des Chambres européennes de commerce d'industrie Eurochambres souligne elle aussi la nécessité d'actions concrètes. « Ces dernières années, la Commission a produit une pléthore de documents politiques dans ce domaine mais peu de choses ont réellement changé. Il est important que ce document devienne plus qu'une autre déclaration politique », estime le vice-secrétaire général d'Eurochambres, Paul Shekan. « Ce n'est pas le premier document politique du genre et jusqu'à maintenant, les entrepreneurs et les PME n'ont jamais senti une différence dans leur activité quotidienne », souligne un communiqué de la fédération patronale UNICE, avant de poursuivre: « Pour être consistante, l'impact de la législation sur les PME doit être envisagé à travers toutes les politiques de la Commission ». Dans ce contexte, l'UNICE se félicite que la Commission prenne en compte la nature transversale de la politique en faveur des PME et la nécessité de l'application du principe « Think small first ». Mais « cette approche doit maintenant être adoptée par le Conseil, le Parlement et les gouvernements nationaux », insiste l'UNICE. Enfin, l'Union européenne des artisans et des PME, UEAPME, demande que la nouvelle politique proposée par la Commission soit « plus qu'une simple rhétorique ». Le fait de rassembler différents instruments de politique en faveur des PME dans une seule stratégie pourrait donner « davantage de cohérence aux politiques communautaires et nationales, mais les actions parlent plus fort que les mots », souligne UEAPME, pour qui il est essentiel que la Commission mette en place des actions concrètes pour réaliser les priorités qu'elle s'est fixées. En revanche, UEAPME estime que les exemptions législatives dans les domaines social et environnemental aux PME proposées par la Commission pour renforcer leur compétitivité pourraient donner une image négative des PME au public.