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Bulletin Quotidien Europe N° 8944
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/irlande du nord

Le Parlement exprime sa solidarité avec les sœurs McCartney et demande que les assassins de leur frère soient jugés - Le Sinn Fein soutient les sœurs McCartney et demande justice, assure Bairbre de Brun

Strasbourg, 10/05/2005 (Agence Europe) - En présence des sœurs McCartney, le Parlement européen a eu lundi un débat aux tons émotionnels sur le meurtre de leur frère Robert, tué en pleine rue à Belfast - un meurtre resté sans coupable presque quatre mois plus tard, malgré les très nombreux témoignages inculpant l'IRA Provisional. Beaucoup d'élus d'Irlande et d'Irlande du Nord sont intervenus dans le débat, en dénonçant les commanditaires et les auteurs de cet assassinat et en nommant parfois les témoins qui, intimidés par l'IRA, continuent de se taire. Le Sinn Fein doit pleinement assumer ses responsabilités et forcer l'IRA à aider la justice, ont insisté de nombreux députés, comme le travailliste britannique Gary Titley ou l'Irlandaise Marian Harkin (ALDE), qui a martelé: l'IRA n'a aucune raison de continuer à exister. Notre parti soutient la famille McCartney et continuera à le faire, a assuré l'élue européenne du Sinn Fein Bairbre de Brun (membre du groupe GUE/NGL), en s'exprimant tour à tour en anglais et en irlandais. L'élue d'Irlande du Nord a rappelé les appels du leader du Sinn Fein, Gerry Adams, en faveur de la vérité, tout en admettant que, dans l'affaire McCartney, la justice n'a pas pu jouer son rôle. Quelques rares députés ont déploré la tournure politique prise par ce débat, en estimant qu'il aurait fallu se limiter à examiner comment aider les sœurs McCartney dans leur combat pour la vérité et la justice. C'est le cas de Helmuth Markov (GUE/NGL) qui, tout en appelant les témoins de ce meurtre à parler, a regretté que les autres groupes politiques aient choisi de « se concentrer sur la situation politique en Irlande du Nord »: notre groupe est tout à fait favorable à une discussion du Parlement européen sur cette situation, mais « cette résolution n'est pas la manière de le faire », a dit l'élu du PDS. Si vous aviez vécu en Irlande du Nord, vous ne tiendriez pas de tels propos, lui a lancé James Nicholson, élu de l'Ulster Unionist Party. Cet acte criminel n'est pas « un problème irlandais », il touche toute l'Europe, a renchéri le social-démocrate autrichien Hannes Swoboda. Quant au Commissaire Stavros Dimas, il n'a pu qu'exprimer la solidarité et l'admiration de la Commission européenne pour la famille McCartney, en soulignant que la Commission européenne ne peut pas interférer dans la justice d'un Etat membre. M.Dimas s'est dit confiant que la vérité va finir par éclater et a indiqué qu'il informera le président Barroso (qui a reçu les sœurs McCartney à Bruxelles) sur ce débat. La Commission européenne examinera la possibilité d' aider matériellement la famille Mc Cartney dans ses démarches pour que justice soit faite, a assuré M. Dimas (qui a rappelé l'aide concrète fournie par l'UE au processus de réconciliation en Irlande du Nord).

Nous pouvons donner une aide matérielle à la famille pour « payer les factures légales », mais est-ce que cela lui apportera la justice ? s'est interrogée l'Irlandaise Kathy Sinnott (Indépendance/Démocratie), qui a dit vouloir s'exprimer à titre individuel, comme femme et mère. Les femmes ne sont pas très nombreuses à la table des négociations de paix en Irlande du Nord, mais lorsqu'il s'agit de « gérer la paix », les femmes sont là, a affirmé Marian Harkin (ALDE, irlandaise), qui, tout en condamnant le meurtre de Robert McCartney et le mur de silence qui l'entoure, a lancé une mise en garde: en Irlande du Nord, il n' y a pas « les bons gars d'un côté » et les mauvais de l'autre. Jusqu'à onze « tueurs », en bonne partie membres de l'IRA Provisional, ont battu et poignardé Robert McCartney, et aucun des 70 témoins, terrorisés par l'IRA, n'a parlé, a martelé l'Irlandaise Avril Doyle (PPE-DE). La Verte britannique Jean Lambert, comme le socialiste irlandais Proinsias de Rossa, a dénoncé pour sa part «l'offre de l'IRA de tuer les tueurs », en s'exclamant: « L'IRA n'est pas la justice ! ». L'élu d'Irlande du Nord. James Hugh Allister (Democratic Unionist Party) a évoqué avec véhémence le «classique style IRA » de cette attaque meurtrière, en dénonçant les responsables, qui « se pavanent » encore dans les rues de Belfast. Pourquoi les sœurs McCartney doivent-elles chercher la justice à Bruxelles et à Washington et pas chez elles ? a demandé l'Irlandais Eoin Ryan (UEN). Aidons concrètement les sœurs McCartney, a plaidé le président (irlandais) du groupe UEN, Brian Crowley, en leur rendant hommage: voilà des personnes ordinaires qui ont réussi à faire quelque chose d'extraordinaire.

Dans une résolution adoptée à une écrasante majorité (555 pour, 4 contre et 48 abstentions), le Parlement européen condamne la violence et les crimes perpétrés par l'IRA, notamment le meurtre de Robert McCartney. Il souligne que les sœurs et la compagne de Robert McCartney méritent tout le soutien possible dans leur quête de justice. Il exhorte les dirigeants du Sinn Fein à insister pour que les responsables et les témoins du meurtre coopèrent directement avec les services de police d'Irlande du Nord et ne fassent pas l'objet de menaces de représailles de la part de l'IRA. Il propose que, si les services de police d'Irlande du Nord ne sont pas en mesure d'intenter une action au pénal pour le meurtre de Robert McCartney, l'Union européenne accorde, conformément au règlement financier, une contribution financière aux frais de justice encourus par la famille de Robert McCartney dans ses efforts pour obtenir justice dans le cadre d'une procédure civile. Le Parlement demande que la Commission utilise à cet effet la ligne du budget général de l'UE prévue pour l'aide en faveur des victimes du terrorisme.

 

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