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Bulletin Quotidien Europe N° 8944
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/agriculture

Volonté politique au Conseil pour aider les jeunes agriculteurs à relever les défis de la démographie et de l'innovation

Luxembourg, 10/05/2005 (Agence Europe) - Les ministres de l'Agriculture des Etats membres de l'UE ont confirmé la nécessité d'aider les jeunes à s'installer, lors de leur réunion informelle, mardi à Luxembourg, consacrée au thème de « l'agriculture de demain - un défi pour les jeunes agriculteurs. Quatre groupes de travail ont été constitués avec la participation de membres du Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA).

Accès à l'activité agricole: le président en exercice du Conseil Agriculture, le ministre luxembourgeois Fernand Boden, a rappelé qu'un accord politique était attendu fin juin sur la proposition instituant le nouveau Fonds européen de développement rural (2007-2013). Il a précisé que le dernier compromis en date de la Présidence prévoyait de maintenir à 55 000 euros le montant de l'aide à l'installation, alors que la Commission prévoyait une réduction à 40 000 euros. Selon les conclusions de ce groupe de travail présidé par Dominique Bussereau, le ministre français, les discussions ont montré la volonté politique pour assurer le renouvellement des générations et l'importance de la formation professionnelle et de la qualification. Les problèmes les plus souvent cités par les délégations (notamment belge et néerlandaise) sont les charges administratives trop lourdes pour l'installation des jeunes agriculteurs et les différences entre Etats membres sur le degré d'utilisation de cette aide. Les intervenants ont suggéré de maintenir stable le cadre réglementaire et d'alléger les charges administratives.

Formation et échanges: M. Boden a confirmé la nécessité, soulignée par les délégations, d'offrir une bonne formation aux agriculteurs et de pouvoir compléter leurs connaissances. Les Etats membres et les jeunes agriculteurs ont suggéré de restaurer l'initiative qui existait auparavant d'un système d'échange des agriculteurs des différents Etats membres.

Instruments de la PAC: Jaime Silva, le ministre portugais de l'Agriculture, a conclu que le système de découplage des aides (introduit par la réforme de juin 2003) permet une certaine flexibilité (avec une régionalisation possible des paiements). Les participants ont insisté pour que la réserve nationale prévue aille en priorité en faveur des jeunes agriculteurs. La Commission, de son côté, s'est engagée à mettre l'accent sur les jeunes agriculteurs. M. Boden a confirmé les inquiétudes des agriculteurs au sujet des effets de la réforme (découplage des aides).

La Commissaire à l'agriculture et au développement rural, Mariann Fischer Boel, a estimé devant la presse que l'UE devait résoudre les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes agriculteurs. Elle a rappelé les mesures prévues par la réforme de la PAC en juin 2003 qui permettent de tenir compte de la situation des jeunes agriculteurs. Ainsi, dans la mise en œuvre du paiement unique et en particulier grâce à la réserve nationale, les Etats membres peuvent donner la priorité aux nouveaux exploitants qui n'ont pas de références historiques. Par ailleurs, elle a déploré que les Etats membres n'utilisent actuellement pas toutes les possibilités qui leur sont offertes, dans le règlement actuel sur le développement rural, pour aider les jeunes agriculteurs.

Sylvain Marmier, le président sortant du Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA), a précisé, lors de la conférence de presse, qu'il fallait relever le défi de la démographie agricole en Europe: 55% des agriculteurs ont plus de 55 ans aujourd'hui et seulement 8% des agriculteurs européens ont moins de 35 ans. Les jeunes assurent la vitalité des campagnes, ont un rôle à jouer sur l'occupation de l'espace dans nos régions un peu désertes et il faut les aider à intégrer le métier. Il faut les soutenir car ils ont compris qu'il fallait: - organiser et structurer l'agriculture pour la rendre compétitive et performante ; - réussir le défi de l'innovation (bioénergie, tourisme services à la société) ; - s'impliquer dans le dialogue avec la société pour faire comprendre que l'agriculture joue aussi un rôle économiquement fondamental et socialement très important. On a voulu dire à nos ministres les difficultés que les jeunes rencontrent: - le revenu n'est pas toujours à la hauteur des espérances des jeunes (pour l'accès aux exploitations agricoles, aux droits à paiements et aux moyens de production qui permettent à un jeune de s'installer) ; - le contexte instable et flou de l'évolution des prix et de la PAC ; - la gestion du métier devient de plus en plus administrative et juridiquement un peu compliquée et qui demande des compétences de plus en plus fortes. Tout cela on l'a expliqué aux ministres non pas pour dire qu'on a peur de tout, mais au contraire pour dire qu'il ne faut pas baisser les bras, qu'il faut convaincre les jeunes de se former et de regarder le métier avec passion et lucidité et pour dire aussi qu'il faut arriver à clarifier le système d'aide aux jeunes agriculteurs pour encourager les jeunes à s'installer.

Dans son discours devant les ministres, M. Marmier a ajouté que les jeunes agriculteurs ont besoin, en particulier: - d'un solide projet d'installation « pour nous aider financièrement, pour nous former et nous guider lors de l'installation et lors des restructurations de nos exploitations » ; - de règles pour un commerce juste sur le marché mondial et une PAC tournée vers l'avenir. Selon le CEJA, tous les Etats membres devraient « offrir la priorité aux jeunes agriculteurs » pour avoir accès aux droits au paiement et aux droits à la production de la PAC.

Selon des données d'Eurostat qui portent sur l'année 2003, 24,5% des exploitations agricoles de l'UE étaient dirigées par une personne de moins de 45 ans, un pourcentage légèrement plus élevé qu'en 1999/2000. La taille des exploitations gérées par des chefs d'exploitation âgés de moins de 35 ans était en moyenne de 31,3 hectares en 2003, contre 31,2 ha pour les exploitants entre 35 et 44 ans, 26,5 ha pour les exploitants âgés entre 45 et 54 ans, 19,4 ha pour les exploitants entre 55 et 64 ans et 8,2 ha pour les exploitants de 65 ans et plus. La catégorie d'age des exploitants de moins de 35 ans figurait en tête en 2003, alors qu'en 2000 elle figurait en deuxième position après ceux entre 35 et 44 ans. Ceci reflète une restructuration des exploitations plus rapide au moment de la reprise.

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