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Bulletin Quotidien Europe N° 8944
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/afghanistan

Le président Karzaï dit au Parlement qu'il compte sur un engagement pluriannuel de l'Europe en faveur de son pays et souligne sa détermination de combattre la drogue

Strasbourg, 10/05/2005 (Agence Europe) - Peu de pays ont connu dans le dernier demi-siècle une histoire aussi tourmentée que l'Afghanistan: le développement de la démocratie et sa longue et méthodique reconstruction sont moins médiatisés que la guerre, mais ils méritent toute l'attention et le soutien de l'Union européenne. Par ces propos, le président du Parlement européen, Josep Borrell, a salué le président de la République islamique d'Afghanistan, Hamid Karzaï, qui visitait pour la première fois le Parlement européen.

En prenant la parole deux jours après l'anniversaire de la fin de la 2ème guerre mondiale, M.Karzaï a, à plusieurs reprises, établi un parallèle entre son pays et l'Europe d'il y a soixante ans: à l'époque, « l'engagement à long terme de vos amis vous a donné le soutien nécessaire pour reconstruire vos vies (…), aujourd'hui, nous vous demandons de nous donner la même chance », a dit M. Karzaï, en remerciant l'Europe pour tout ce qu'elle a déjà fait pour son pays.

L'Afghanistan était encore un pays sous-développé avant l'invasion soviétique, reconnaît son président, mais son désir de démocratie a survécu, et l'Afghanistan a maintenant une Constitution « éclairée et progressiste », et 8 millions de citoyens (dont 42% de femmes) ont participé, en octobre 2004, aux premières élections présidentielles. C'est grâce à la Force internationale d'assistance à la sécurité que l'Afghanistan a pu compter sur un environnement sûr pour exercer ses droits politiques, réformer sa police et son armée, accélérer le processus de désarmement (environ 50 000 anciens combattants ont été désarmés), a expliqué M. Karzaï. Le président afghan a rappelé aussi que la Commission des droits de l'Homme fait son travail, la liberté de la presse se développe, avec plus de 300 journaux indépendants, une trentaine de radios et 4 chaînes de télévision. Sur le plan économique, une nouvelle monnaie a été introduite, l'inflation a été stabilisée et la réforme administrative a permis aux capitaux étrangers d'entrer dans le pays et à certaines industries de se développer et les échanges avec les pays de la région ont augmenté, parfois de façon spectaculaire.

Mais il reste beaucoup à faire, et c'est un très long chemin: voici le leitmotiv du discours du président afghan qui cite le domaine social, l'éducation (M. Karzaï a évoqué le niveau d'analphabétisme, surtout parmi les femmes). Et, si le terrorisme a « été battu en tant que force », ses résidus troublent la paix et la tranquillité de l'Afghanistan, reconnaît M. Karzaï, en déplorant le rôle déstabilisant de « l'économie de la drogue », et en évoquant avec éloquence l'image de la société afghane agraire d'il y a trente ans, détruite par l'invasion soviétique et la perte de toute confiance dans l'avenir. Les paysans ont détruit leurs vignes, leurs plantations d'abricots et de pommes-grenades pour les remplacer par le pavot, facile à cultiver et facile à vendre… Le président afghan plaide: « Aidez-nous à remplacer le pavot par des productions légitimes: personne ne veut avoir une mauvaise réputation dans le monde… ». Du point de vue politique, les élections parlementaires de septembre avec l'objectif d'avoir au moins 27% de femmes élues (ce qui est plus que ce qui existe dans certains pays européens, a dit M.Karzaï à la presse) vont marquer l'aboutissement du processus lancé à Bonn: elles ne devraient pas représenter la fin de l'engagement de l'Union, mais le début d'un partenariat plus exhaustif à long terme. J'espère, a dit M. Karzaï, que vous comprendrez que, pour reconstruire notre pays, nous avons besoin d'un engagement pluriannuel de votre part. Tout en reconnaissant tout ce que l'Europe a déjà donné, y compris avec ses hommes et ses femmes en uniforme, qui « servent courageusement notre pays ».

Lors de la conférence de presse commune, le Président Borrell a rappelé que le Parlement enverra en juillet prochain une délégation ad hoc en Afghanistan, et qu'il devrait envoyer aussi une délégation d'observateurs aux élections législatives. Interrogé sur la Constitution européenne, le président Karzaï a dit: « c'est une grande chose », si l'Europe se dote d'une Constitution ; elle sera « un bien plus grand pouvoir », économiquement et politiquement ; « ce sera une magnifique mosaïque, un très beau tableau » d'une Europe unie dans sa diversité.

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