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Bulletin Quotidien Europe N° 8692
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Vives réactions pour et contre le rapport Boogerd-Quaak

Bruxelles, 23/04/2004 (Agence Europe) - Les réactions à l'approbation du rapport de l'élue néerlandaise de Democratie '66 Joghanna Boogerd-Quaak sur le pluralisme des médias en Europe ont été aussi passionnelles que les débats qui ont précédé le vote en plénière (EUROPE d'hier, p.10, et du 22 avril, p.12).

"La crédibilité des institutions européennes est frappée au coeur" par ce vote, s'insurge Francesco Fiori (Forza Italia), en dénonçant dans un communiqué ceux qui recherchent "l'affrontement en calomniant l'adversaire". Au sein du même groupe (PPE-DE) , le commentaire de l'élue de la CDU Ruth Hieronymi est plus posé: "la politique contre la concentration dans les médias ne peut pas se limiter à Monsieur Berlusconi (...), la position prise aujourd'hui par le Parlement est de la pure polémique et ne peut qu'être rejetée", dit-elle dans un communiqué, un requisitoire sérieux aurait eu notre accord, insiste le radical italien Marco Pannella, qui, dans cette bataille de communiqués, explique que lui-même et les autres élus de la Lista Bonino ont voté contre le rapport Boogerd-Quaak parce que "ceux qui ont mis aujourd'hui en accusation Berlusconi ont créé, pratiqué et imposé pendant des décennies l'essentiel de ce qui continue à arriver dans notre pays, évidemment en s'aggravant".

En revanche, Mario Segni, s'écartant de son groupe (UEN) qui a voté contre le rapport, a jugé "juste" la position du Parlement: l'Europe a besoin d'une législation sur la liberté des médias, surtout en vue de l'élargissement de l'UE à "des démocraties moins mûres que les nôtres", estime-t-il dans un communiqué. Et, en rappelant qu'il avait été le premier député européen à s'intéresser à la question (il a cité la résolution approuvée à son initiative le 20 novembre 2002), il s'est exclamé: "il ne s'agit pas d'une bataille de la gauche, mais d'une véritable bataille libérale". Le groupe socialiste, au contraire, salue le vote, dans une série de communiqués de presse. Son président Enrique Baron note que « la décision du groupe PPE-DE de ne pas participer au vote (...) démontre que Forza Italia est complètement isolée", et se félicité de l'Union entre PSE, libéraux, Verts/ALE et GUE/NGL qui a mis en échec la tentative de la droite de"couvrir un conflit d'intérêts". L'Espagnole AnnaTerron i Cusi, responsable de l'élaboration initiale du rapport, a espéré que les recommandations de sa collègue néerlandaise "serviront de base à une législation de l'UE". L'élue italienne des Democratici di sinistra Pasqualina Napoletano déplore: "c'est triste de constater que le groupe du PPE-DE, le plus grand du Parlement, ait été entraîné à défendre les intérêts financiers du Président du Conseil italien". Réaction analogue du Président du groupe des Verts/ALE Daniel Cohn-Bendit, qui renchérit: "c'est triste qu'un grand parti comme le Parti populaire européen devienne le jouet des délégations nationales (...). Gert Pöttering est réduit au rôle de complice de Berlusconi". Au groupe libéral, Johanna Boogerd-Quaak dit espérer que la Commission européenne présentera d'ici la fin de l'année une proposition de directive sur le pluralisme des médias: avec la Constitution européenne qui incorporera la Charte européenne des droits fondamentaux et son article 11, elle aura une meilleure base juridique qu'avant, estime-t-elle. Et le président du groupe Graham Watson, en se félicitant que le Parlement ait "défié des tactiques de blocage sans précédent de la part du centre-droit", affirme: l'UE sermonne les pays candidats et les pays en voie de développement au sujet de l'importance des médias indépendants, et elle ferait bien de pratiquer chez elle ce qu'elle prêche ailleurs. "La situation est particulièrement grave en Italie, mais les Britanniques aussi ne connaissent que trop le contrôle malsain qu'un magnat des médias peut exercer sur la politique d'un pays", rappelle le libéral démocrate britannique. Quant à Giuseppe Di Lello (Rifondazione comunista), il affirme dans un communiqué que la bataille avait commencé avec une résolution qu'il avait présentée avec Lucio Manisco pour le groupe de la Gauche unitaire européenne: après le vote du 21 avril, il est "légitime de prétendre que la Commission européenne propose une directive (...) interdisant, comme le prévoit déjà la Charte de Nice, l'ingérence du pouvoir dans les médias", dit-il.

Satisfaction de la Fédération européenne de journalistes

La Fédération européenne des Journalistes a salué jeudi le vote du Parlement européen qui, dit son nouveau président Arne König dans un communiqué, "est un succès majeur pour tous ceux qui défendent la liberté de la presse et le pluralisme des médias". Selon lui, c'est un "message puissant à la nouvelle Union élargie", et toutes les institutions, et en particulier la Commission, " sont maintenant obligées de reconnaître qu'il y a une crise du pluralisme des médias en Europe", et ne peuvent plus "fermer les yeux sur ce problème".

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