Bruxelles, 16/01/2004 (Agence Europe) - La récente déclaration du Premier ministre espagnol José Maria Aznar selon laquelle « l'exception culturelle, c'est bon pour les cultures en déclin » a « de quoi surprendre », commente dans un communiqué le socialiste français Michel Rocard, président de la commission de la culture du Parlement européen, en notant: « il est rarissime en effet que cet homme politique souvent victorieux, en tout cas efficace, retors et prudent, laisse apparaître dans ses prises de position une connotation d'irréflexion (…) voire d'incompétence ». L'ancien Premier ministre francais renchérit: « les deux cultures hispanique et francophone sont en pleine efflorescence: il doit le savoir (…) encore que sa déclaration laisse penser qu'il oublie quelque peu la culture latino-américaine. Dans le cas de la culture francophone (…), il faut lui rappeler que notre littérature demeure foisonnante et notre cinéma l'un des plus créateurs d'Europe. Et le dynamisme démographique français, unique en Europe, assure à cette vitalité une pérennité honnête. Le déclin n'est Dieu merci, pas en vue ».
M. Rocard insiste « ce n'est pas de déclin qu'il s'agit ici, mais de rapports de force (…). Un film produit en anglophonie s'adresse à un milliard de locuteurs (…), en hispanophonie (…) à 400 millions (…), en francophonie et en germanophonie à guère plus de 150 chacun ». L'exception culturelle, cela signifie « défendre un patrimoine » et préserver « le confort linguistique de chacune des cultures qui composent l'Union. La vitalité ou le déclin de chacun n'ont rien à voir avec les conditions économiques minimales de leur préservation », conclut M. Rocard.