Bombay, 16/01/2004 (Agence Europe) - Bruits, slogans, couleurs, revendications les plus multiples, la quatrième édition du Forum social mondial a ouvert ses portes vendredi soir à Bombay, en Inde. La participation, très forte, devrait dépasser toutes les prévisions. Selon les organisateurs, 100.000 personnes se sont enregistrées pour participer à ce forum de l'altermondialisme, sans compter les manifestants indiens, paysans ou intouchables, qui ne sont pas tous accrédités. En parallèle, les députés de nombreux pays, dont une trentaine d'Européens, se préparaient à inaugurer dimanche leur quatrième Forum parlementaire mondial (voir plus loin). Au Forum social, les revendications sont extrêmement diverses: d'un stand à l'autre, d'une affiche à un prospectus, l'on passe de la Cour mondiale des femmes contre les crimes de guerre des Etats-Unis à un appel pour les droits des intouchables, d'une protestation contre des projets de gazoducs, à la protestation des handicapés indiens qui estiment ne pas avoir suffisamment accès au Forum. Les thèmes que l'on retrouve le plus souvent sont les droits des peuples indigènes, les droits des femmes, le logement, la dette des pays pauvres et la guerre en Irak. Le Forum social mondial doit durer six jours, jusqu'au 21 janvier. Avec des débats devant de grandes assemblées, dans lesquels interviendront des invités comme l'Iranienne Shireen Ebadi, Prix Nobel de la Paix, Mary Robinson, ancien Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, la vice-présidente du Vietnam Nguyen Thi Binh. Les débats vont porter principalement sur la globalisation, les droits sociaux, le militarisme et la paix, l'accès à l'eau, le racisme et les castes. En parallèle se tiendront plus de 200 séminaires et ateliers, en plus des trois panels de discussions quotidiens, indiquent les organisateurs. La session d'inauguration a mêlé concerts et discours. Auparavant, lors d'une première conférence de presse, le Prix Nobel de la paix Shireen Ebadi a lancé un vibrant appel pour "la dignité humaine". En espérant que lors de la prochaine session du Forum, "on pourra constater un état des droits de l'homme meilleur que ce qu'il est maintenant", Mme Ebadi a souligné que "la pauvreté absolue est contre la dignité humaine".
Députés européens de la GUE/NGL, du PSE et des Verts/ALE au Forum parlementaire
On attend entre 200 et 400 participants au Forum parlementaire mondial des 18 et 19 janvier, dont une moitié de la région, Indiens mais aussi Pakistanais, Bengalis, Népalais et Sri Lankais. Les autres députés viennent de 25 pays de tous les autres continents. Le thème principal sera la globalisation économique: l'après-Cancun, la "construction d'un ordre économique et social international". Le Forum va aussi débattre de la situation de la région: la guerre, la paix et les discriminations en Asie du Sud. "Tous les partis politiques indiens sont présents (...) sauf ceux qui soutiennent la globalisation", indique Nilotpal Basu, du comité indien qui a organisé le Forum parlementaire mondial. Douze députés européens de la GUE/NGL, dix du PSE et cinq des Vert/ALE sont présents, auxquels s'ajoutent des députés nationaux. Parmi les députés européens, le Français Harlem Désir (PSE) a affirmé que "les parlementaires veulent créer un lien avec le Forum social, et inviter le mouvement social à davantage interpeller les politiques". La Suédoise Marianne Eriksson (GUE/NGL) y voit "aussi une fantastique opportunité pour les politiciens d'écouter". Le vert français Alain Lipietz reconnaît la difficulté d'arriver à des revendications communes entre Nord et Sud, notamment sur la question des délocalisations d'entreprises, et estime que, si la prise de conscience d'une communauté internationale est venue du Forum social mondial, "il faut aller plus loin, et c'est la tâche des politiques de faire des propositions".