Bruxelles, 30/09/2003 (Agence Europe) - Quinze jours après la fin subite de la Vème conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le Commissaire Pascal Lamy a demandé aux Etats membres de prendre le temps de clarifier les bases « entre nous », en consolidant notamment la priorité accordée au multilatéral, à laquelle il continue personnellement de penser que «beaucoup de raisons portent à dire oui »
Le négociateur en chef de l'Union, conscient qu'il « doit une réponse » aux Etats membres, est cependant d'avis qu' « il ne faut pas se précipiter dans une relance des négociations sans avoir pris le temps de la réflexion ». Cet échec «grave » est « beaucoup plus préoccupant pour les Européens » qu'il ne l'est pour d'autres et mérite une réponse autre que « business as usual », a-t-il dit au Conseil Affaires générales réuni, lundi, rapporte-t-on de source diplomatique. Quelques orientations émergent de la discussion qui s'est prolongée sur près d'une heure, en fin d'après-midi: - le choix du multilatéral comme principe directeur de la politique commerciale commune reste largement privilégié et si la plupart l'ont signifié tacitement, quelques-uns l'ont confirmé de manière explicite, notamment la France, la Belgique, les Pays-Bas et l'Espagne, tandis que la Pologne avançait l'idée « d'examiner les relations bilatérales avec les partenaires qui ont pris des positions diamétralement opposées à celles de l'UE sur l'agriculture et les sujets de Singapour », indique-t-on de même source ; - les Etats membres sont divisés sur le délai de réflexion avant de passer à l'action à Genève; pour le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Finlande et la Suède (qui veut notamment maintenir les concessions proposées à Cancun à condition que les négociations redémarrent là où elles ont capoté (sur la base du projet de compromis présenté à Cancun), l'Union doit reprendre rapidement l'initiative et mener la relance des négociations, tandis que d'autres se rangent à l'avis du Commissaire, y compris Espagne, Pologne et Hongrie (qui craint la perte d'un avantage tactique si l'UE réagit trop tôt) ; - l'idée allemande de convoquer prochainement une réunion informelle des ministres du Commerce a été favorablement accueillie par « pas mal de délégations », dont Autriche, Finlande, Espagne, et peut être envisagée par la Présidence italienne.