Bruxelles, 15/07/2003 (Agence Europe) - Lors du Conseil Ecofin de mardi à Bruxelles, la France a sensibilisé ses partenaires et la Commission européenne à propos de ses préoccupations (venant à l'origine des secteurs des banques et assurances) au sujet de certaines normes comptables (IAS 32 et IAS 39) qui doivent être adoptées par l'UE ce 16 juillet au sein de l'IASB (International Accounting Standards Board). Le Commissaire Frits Bolkestein a indiqué qu'il était conscient de ce problème (soulevé aussi par l'Espagne et la Belgique) qu'il a lui-même porté à la connaissance du président de l'IASB, David Tweedie. La Commission ne devrait donc pas inclure à ce stade ces deux normes dans le paquet de normes qui doivent être adoptées par les Etats membres au sein de l'IASB. Selon les arguments développés par Jacques Chirac dans une lettre adressée le 4 juillet à Romano Prodi (voir EUROPE du 12 juillet 2003, p.7), ces deux normes "risquent de conduire à une financiarisation accrue de notre économie et à des méthodes de direction des entreprises privilégiant trop le court terme". Dans sa lettre, M. Chirac explique que plusieurs normes pourraient, elles aussi, "avoir des effets négatifs pour les entreprises et l'économie européenne" et qu'elles méritent donc "un examen vigilant et approfondi lors de la réunion du 16 juillet". Il importe, selon la France, que des mouvements purement financiers n'emportent pas, trimestre après trimestre, des conséquences disproportionnées sur les résultats des entreprises qui doivent avant tout refléter leur activité économique".
La France souhaiterait trouver un moyen pour que l'UE, la Commission et les Etats membres soient en mesure de peser davantage sur l'élaboration des normes par l'IASB. Mais Paris se heurte ici à l'opposition du Royaume-Uni qui ne souhaite en aucun cas remettre en cause l'indépendance de l'IASB.