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Bulletin Quotidien Europe N° 8397
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/irak

La Présidence grecque a invité les Etats membres à un Sommet spécial le 17 février - Conseil spécial de l'OTAN - Débat au Parlement européen mercredi

Bruxelles, 10/02/2003 (Agence Europe) - La Présidence grecque a invité lundi les Etats membres de l'Union européenne à participer à un Sommet spécial sur l'Irak, le 17 février à Bruxelles, après la présentation, le 14 février à New York, du dernier rapport Blix/El Baradei au Conseil de sécurité de l'ONU. Ce sommet serait précédé lundi d'une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères des Quinze. (Si la réponse des Etats membres est positive et le Sommet a lieu, le Conseil Ecofin prévu au début de la semaine prochaine glisserait: NdlR)."L'objectif est d'apaiser la situation, dans le cadre des résolutions de l'ONU", a indiqué le Président du Conseil européen Costas Simitis. (Vendredi dernier, au Caire, le Président du Conseil de l'UE Georges Papandreou et le Représentant spécial de l'Union pour le Moyen-Orient, Miguel Angel Moratinos, avaient insisté une fois de plus sur la nécessité d'épuiser toutes les possibilités afin d'éviter une guerre).

Lundi, un Conseil spécial de l'Alliance atlantique, au niveau des ambassadeurs, était réuni dans l'après-midi à Bruxelles, suite au refus de la Belgique, de la France et de l'Allemagne d'accepter dès à présent les demandes américaines en vue d'un soutien de l'OTAN en cas d'attaque de l'Irak contre la Turquie. Ankara a invoqué l'article IV du Traité de l'Atantique Nord (jamais utilisé jusqu'ici, il prévoit des consultations lorsqu'un Etat membre estime que "l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité de l'une des parties sera menacée"), et Belgique, France et Allemagne ont, tout en affirmant qu'elles appuieront la Turquie en cas d'attaque et qu'elles rempliront toutes les obligations découlant du Traité de Washington de 1949, estimé qu'il fallait encore donner du temps aux inspecteurs de l'ONU avant de prendre de telles décisions. La réunion était en cours au moment où nous allions sous presse.

Le Commissaire européen Chris Patten a estimé pour sa part, lors d'une conférence de presse vendredi dernier à Beyrouth, que Colin Powell, dans son intervention au Conseil de sécurité, avait lancé un plaidoyer "redoutable" contre l'Irak. Il a cependant ajouté: "Je ne suis pas certain que bombarder Bagdad soit la solution pour rendre les gens dans la région plus modérés". Cela exigerait "un extraordinaire acte de foi", a-t-il commenté, en se demandant: "dois-je penser que la région deviendra plus démocratique, plus prospère, plus modérée s'il y a une guerre en Irak?". Par ailleurs, interrogée lundi sur la position exprimée par les Iraniens au sujet de l'Irak lors de la visite de Chris Patten à Téhéran la semaine dernière (voir EUROPE du 1er février, p.8), Emma Udwin, porte-parole du Commissaire aux relations extérieures, a indiqué que l'Iran avait exprimé ses préoccupations pour une déstabilisation de la région en cas d'opérations militaires. Selon elle, l'Iran craint la "désintégration" de l'Irak, et aussi un afflux massif de réfugiés en cas de guerre. L'UE, a ajouté la porte-parole, poursuivra ses contacts avec l'Iran pour déterminer quel appui elle pourrait lui apporter en cas de besoin.

En marge de leur conférence de presse sur le commerce et le développement (voir p.12), les Commissaires Pascal Lamy et Poul Nielson ont été interrogés sur le possible impact d'une guerre en Irak sur les négociations à l'OMC et sur la politique humanitaire de la Commission. Pascal Lamy a répondu: «Jusqu' à présent, nous sommes parvenus à conserver l'OMC comme une instance multilatérale, un peu comme l'ONU, y compris en présence de tensions. Le renforcement de l'activité géopolitique accroît la nécessité d'une instance multilatérale encore plus forte. Notre rôle est d'accroître la stabilité". Poul Nielson, lui, a insisté sur l'impartialité de l'aide humanitaire, et refusé d'entrer dans des estimations chiffrées détaillées, par crainte de contribuer à rendre plus réelle la menace d'une guerre. Et il a affirmé “ Quand nous connaîtrons le scénario, nous poursuivrons notre aide humanitaire à l'Irak. Echo n'a cessé de travailler à l'intérieur de l'Irak depuis de nombreuses années, à raison de 15 millions d'euros par an. Le point de départ de notre planification pour 2003 est du même ordre. La Croix rouge internationale fait actuellement des études pour vérifier s'il est possible de constituer des stocks de réserve. C'est une mesure raisonnable, mais je crois qu'il vaut mieux que ces analyses préparatoires soient gardées sous le boisseau pour ne pas alimenter l'hypothèse d'une guerre et pour garder séparés l'action militaire et le rôle de l'aide humanitaire. La neutralité sera notre ligne directrice. Avancer des chiffres aurait peu de sens".

A Strasbourg,le Parlement européen a décidé lundi, lors de l'ouverture de sa plénière, d'inscrire à son ordre du jour, contrairement à ce qui était prévu, un débat avec le Conseil et la Commission sur l'Irak, qui aura lieu mercredi à 15 heures.

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