Bruxelles, 10/02/2003 (Agence Europe) - Des sources du Vatican ont jugé "totalement insatisfaisant", puisqu'il ne fait pas référence à la religion, le projet d'article concernant les valeurs fondamentales de l'Union européenne présenté la semaine dernière par Valéry Giscard d'Estaing à la plénière de la Convention européenne (voir EUROPE du 7 février, p.8, à propos de ce projet d'article 2, et du 8 février, p.5, à propos des indications du vice-président Giuliano Amato selon lesquelles une référence à la religion pourrait plutôt figurer dans le préambule de la future Constitution). La semaine dernière, Jean-Paul II, en recevant une délégation orthodoxe serbe, avait regretté que "l'identité chrétienne de l'Europe semble être mise parfois en discussion", et souhaité une coopération entre orthodoxes et catholiques dans la défense de cette identité.
La COMECE (Commission des épiscopats de la Communauté européenne) espère quant à elle que "le rôle de la foi religieuse en tant que source et fondement de nos valeurs européennes communes sera reconnue dans la version finale du traité constitutionnel". Elle cite en effet la note explicative annexée aux projets de premiers articles selon laquelle "ceci n'empêche évidemment pas que la Constitution mentionne des éléments supplémentaires ou plus détaillés faisant partie de "l'éthique" de l'Union à divers autres endroits, comme, par exemple, dans le préambule, dans l'article 3 sur les objectifs généraux de l'Union, dans la Charte des droits fondamentaux (qui cependant ne s'applique pas à l'action autonome des Etats membres, à la différence du présent article), dans le titre VI sur la "Vie démocratique" ainsi que dans les dispositions consacrant les objectifs spécifiques des diverses politiques". La COMECE espère aussi que figureront dans le texte final du Traité les propositions législatives (soumises conjointement par elle-même et par la Commission Eglise et Société de la Conférence des Eglises européennes) sur "le rôle spécifique des églises et des communautés religieuses dans la société européenne, y compris leur statut sous législation nationale".