Bruxelles, 24/01/2003 (Agence Europe) - Les ministres de l'Emploi et des Affaires sociales de l'UE, réunis de manière informelle le 24 janvier à Nauplie (voir EUROPE du 23 janvier, p.11), ont fait le point sur la révision de la stratégie européenne de l'emploi (SEE) après cinq ans d'existence. Certaines délégations, alors que la Commissaire Anna Diamantopoulou insistait sur la nécessité de créer davantage d'emplois de meilleure qualité, ont privilégié l'aspect quantitatif. Au cours des débats, les participants sont tombés d'accord en particulier sur les points suivants: - la politique de l'emploi n'est pas synonyme de politique du marché du travail: elle va plus loin parce qu'elle intègre l'aspect "inclusion" dans le marché du travail en veillant à la présence des femmes, des personnes handicapées et des immigrés sur ce marché; - il faut alléger la bureaucratie (notamment avoir moins de lignes directrices et moins de rapports de plus de 200 pages); - il faut impliquer davantage les partenaires sociaux dans la SEE.
En revanche, le débat a été plus tendu sur trois questions: 1) les objectifs chiffrés: Anna Diamantopoulou a rappelé que de tels objectifs existent déjà dans la stratégie de Lisbonne. "Même si tout le monde n'est pas d'accord d'accepter des objectifs chiffrés politiques, nous avons des indicateurs techniques qui ont le mérite d'exister, déjà avant Lisbonne", a-t-elle souligné, en citant, comme exemple d'indicateur technique, "le pourcentage d'activation", c'est-à-dire le pourcentage de personnes sans emploi qui sont en train d'être formées ou de bénéficier d'une nouvelle formation dans leur firme. Mme Diamantopoulou s'est donc limitée à proposer aux Etats membres une série limitée d'objectifs à ajouter pour rendre la stratégie pour l'emploi plus efficace, mais elle ne les a pas chiffrés (ils ne seront fixés qu'en avril prochain). Exemple de nouvel objectif, à propos de l'intégration des travailleurs immigrants sur le marché du travail: une comparaison entre le taux de chômage de la population et celui des ressortissants non communautaires; 2) l'immigration: Anna Diamantopoulou a souligné que la communication de la Commission sur l'avenir de la Stratégie européenne pour l'emploi n'a pas comme objectif une politique de l'immigration, car elle relève de la justice/affaires intérieures. "Ce que cette stratégie devra dire, c'est que dès que les Etats membres acceptent des travailleurs de pays tiers sur leur territoire, ils doivent leur assurer une intégration sérieuse sur le marché du travail. L'intégration des immigrés sur le marché du travail va donc de pair avec une politique de l'immigration européenne. Il est clair que l'UE a besoin prioritairement de l'input des travailleurs immigrés sur son marché du travail pour l'aider à combler les carences de main-d'oeuvre", a dit Mme Diamantopoulou; 3) l'implication des partenaires sociaux dans la stratégie: la plupart des délégations estiment qu'il ne revient pas à l'Europe de déterminer dans quelle mesure les partenaires sociaux doivent être impliqués dans la politique de l'emploi. "Personne ne peut dicter aux Etats membres le type de gouvernance souhaitée", mais "l'UE encourage les partenaires sociaux à s'impliquer plus étroitement dans cette stratégie parce que l'adaptation des capacités des travailleurs et des conditions de travail (sous le slogan: flexibilité et sécurité sur le marché du travail) passe inévitablement par des accords entre partenaires sociaux", a souligné la Commissaire. Et de rappeler que l'Europe a marqué quelques succès dans ce domaine, par exemple avec les directives sur le travail intérimaire et les contrats de travail à durée déterminée.