Bruxelles, 04/07/2002 (Agence Europe) - Le Parlement européen et le parlement de Bosnie-Herzégovine ont tenu leur quatrième réunion interparlementaire les 27 et 28 juin derniers à Sarajevo. Dans une déclaration conjointe, les deux institutions ont fait part de leurs satisfactions et de leurs attentes sur la situation en Bosnie. Se réjouissant du lancement de la mission de police de l'UE (prévue normalement le 1er janvier 2003 mais qui pourrait être avancée comme expliqué dans notre édition d'hier) qui « renforcera la constitution d'un environnement sûr pour les citoyens », la présidente de la délégation du PE, Doris Pack (PPE, allemande), s'est déclarée « choquée par la manière dont les Etats-Unis se comportent ». « Si on se retire de Bosnie, on risque la faillite de dix années de travail », a-t-elle déclaré à EUROPE.
Les deux délégations estiment que le climat politique s'est amélioré et que des efforts ont été faits dans le domaine des droits de l'homme. Elles espèrent que les élections générales du 5 octobre respecteront les normes européennes" et insistent pour que les autorités nationales empêchent les personnes impliquées dans les violations des droits de l'homme pendant la guerre d'exercer un pouvoir politique, social ou économique. La Bosnie-Herzégovine est invitée à "coopérer loyalement avec le TPI". Les deux délégations insistent aussi pour que le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies prenne en compte les problèmes légaux, financiers et sociaux découlant du retour des réfugiés. Les deux parties sont convaincues que la Bosnie-Herzégovine doit se constituer en "un espace économique unique" et appellent à la poursuite des réformes pour encourager les investissements, créer un environnement stimulant la création d'emplois, assurant à l'Etat des ressources suffisantes et évitant la fuite des cerveaux. Les parlementaires se réjouissent de la décision du Conseil, le 13 mai dernier (voir EUROPE du 13 et 14 mai, p.9), de tenir des réunions ministérielles conjointes en matière de justice et affaires intérieures. Elles estiment "injustifiable" que sept ans après la guerre, l'Etat de droit ne soit pas complètement restauré. La Bosnie est invitée à améliorer le contrôle de l'immigration illégale sur tout le territoire. Les parlementaires souhaitent enfin un renforcement de la coopération régionale notamment dans le commerce, les transferts et l'environnement.