Après avoir atteint un montant record en 2000, les flux d'investissements directs étrangers (IDE) dans les pays membres de l'OCDE ont chuté de manière spectaculaire en 2001, indique l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) dans une étude intitulée « L'investissement direct étranger: tendances et évolutions récentes » à paraître en septembre prochain dans une nouvelle publication. C'est en effet une baisse de 56% que l'OCDE a enregistrée l'an dernier par rapport à l'exercice précédent soit 566 mrds de dollars d'IDE en 2001 contre 1274 mrds en 2000. Il s'agit de la baisse la plus sévère enregistrée d'une année à l'autre ces dix dernières années, indique encore le rapport qui souligne, par ailleurs, le contraste avec la seule année 2000 qui avait enregistré, pour sa part, un montant d'IDE six fois plus élevé que celui relevé cinq ans auparavant. L'OCDE relativise néanmoins ces résultats qui ne reflètent qu'un retour à la normale, l'essor des années précédentes ayant été provoqué par une apparente surévaluation des marchés boursiers, surtout dans les secteurs des télécommunications et de la haute technologie. Les prix records des actions avaient gonflé les liquidités et la capacité d'achat des entreprises tout en incitant les propriétaires à vendre. Aujourd'hui, la tendance s'est inversée: alors que les entreprises de télécommunications figuraient en tête des fusions et acquisitions conclues en 2001, elles apparaissent à peine dans les opérations effectuées jusqu'ici en 2002. Voici les faits les plus marquants relevés par l'étude: 1) le ralentissement a été surtout observable dans les économies les plus importantes ; 2) la situation est loin d'être identique d'un pays à l'autre. Ainsi, l'Allemagne et l'ensemble Belgique/Luxembourg ont été largement boudés par les investisseurs étrangers avec seulement 31,8 mrds de dollars contre 195,2 mrds en 2000 pour le premier et 51 mrds de dollars contre 243,3 mrds pour les seconds, soit une baisse de près de 80% ; 3) malgré une baisse jugée « normale », le plus gros récipiendaire d'IDE reste les Etats-Unis avec 130,8 mrds de dollars (contre 307,7 mrds en 2001) ; 4) le Royaume-Uni reste également un pays récipiendaire important avec 53,8 mrds de dollars d'IDE reçus, contre 119,7 mrds en 2000 mais se fait dépasser désormais par les Pays-Bas avec 55,6 mrds de dollars (contre 54,3 mrds en 2000) et talonner par la France qui enregistre une hausse honorable de ses flux par rapport à l'année précédente (soit 52,6 mrds de dollars en 2001 contre 42,9 mrds en 2000) ; 5) à l'inverse, les flux d'IDE des pays de l'OCDE vers le reste du monde ont également baissé de moitié à 593 mrds de dollars en 2001 contre 1286 en 2000 ; 6) au vu de l'évolution en cours, et si l'on tient compte des informations recueillies en matière de fusions et acquisitions, indicateur essentiel pour le calcul des flux d'investissements, au cours des six premiers mois de 2002, les entrées d'IDE dans les pays de l'OCDE devraient diminuer encore de 20 à 25% cette année.