Bruxelles, 04/07/2002 (Agence Europe) - L'Union a décidé de proroger les mesures antidumping imposées aux importations de charbon activé en poudre originaire de Chine. Elle s'attend en effet à ce que les pratiques déloyales encore en cours perdurent après l'échéance des droits en vigueur depuis 1996, au détriment de l'industrie communautaire dont la situation reste précaire bien qu'elle se soit indubitablement redressée au cours des cinq dernières années.
L'enquête menée par la Commission européenne montre que les mesures existantes n'ont pas dissuadé les opérateurs chinois de continuer à vendre leurs produits sur le marché européen à des prix de dumping, la marge s'élevant déjà à plus de 40% par rapport à la valeur normale du charbon activé en poudre (qui est notamment utilisé pour la purification de l'eau et de certains gaz, la fabrication de médicaments gastro-intestinaux ainsi que la décoloration du sucre, des huiles et graisses végétales). Il y a dès lors de « fortes chances » pour que cette pratique se poursuive si les surtaxes européennes venaient à disparaître, est-il indiqué dans le règlement du Conseil publié au Journal Officiel L155. De même, il est probable que l'expiration des mesures, qui ont tout de même permis à l'industrie européenne de renouer avec la rentabilité et d'alléger quelque peu la pression sur les prix exercée par le dumping chinois, incite ses concurrents chinois à déverser des volumes considérables - au moins 10.000 tonnes de charbon activé en poudre - sur le marché unique, toujours à des prix nettement inférieurs à ceux de l'industrie européenne. Et le différentiel, qui se situe déjà à 15%, pourraient encore se creuser jusqu'à 30% au moins, estiment les experts, qui craignent de ce fait que la situation favorable que connaît actuellement l'industrie européenne ne se détériore rapidement si les opérateurs chinois avaient de nouveau l'occasion d'écouler en Europe des quantités fortement accrues à des prix très bas. D'où la décision de maintenir le droit antidumping pendant cinq ans de plus, à hauteur de 323 euros par tonne.
D'autres produits chinois, déjà soumis à des droits antidumping restent dans la ligne de mire de la Commission européenne, qui s'est lancée depuis peu dans une série de réexamens pour vérifier l'efficacité de ces mesures face aux pratiques déloyales des opérateurs incriminés. Sont visées les importations de: magnésite calcinée à mort (frittée), oxyde de magnésium, ferrosilicomanganèse (de même que celles originaires d'Ukraine), certaines chaussures (également indonésiennes et thaïlandaises), corindon artificiel, permanganate de potassium, briquets de poche avec pierre, à gaz, non rechargeables (d'origine taïwanaise aussi), magnésium non allié et spath fluor (voir Journal Officiel C140).