Bruxelles, 17/06/2002 (Agence Europe) - Sachant que le Conseil européen de Séville pourrait prendre des décisions touchant à l'avenir de la politique de développement de l'Union, l'Assemblée générale d'Eurostep (European Solidarity Towards Equal Participation of People), un panel d'ONG européennes de développement, demande instamment aux chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze de différer toute décision concernant la réforme du Conseil de l'UE. Dans un communiqué, Eurostep affirme que les idées de la Présidence espagnole et de Javier Solana sur une réduction du nombre de formations du Conseil de 16 à 10 sont présentées comme une simple réforme technique du fonctionnement du Conseil, mais qu'elles seraient en réalité lourdes de conséquences politiques pour l'avenir de la politique européenne de coopération au développement.
Pour Simon Stocker, directeur d'Eurostep, «abolir le Conseil Développement en tant qu'enceinte spécifique et identifiable dans les structures du Conseil enverrait le signal que la politique de développement de l'Union et les 9 milliards de budget annuel d'aide au développement deviendraient un instrument de la politique étrangère et de sécurité commune ». En outre, «toute décision à ce stade sur la dissolution du Conseil Développement préjugerait du résultat des travaux de la Convention européenne », déclare Folke Sundman, président d'Eurostep et directeur de Kepa, une ONG finlandaise.
La déclaration d' Eurostep à l'intention du sommet de Séville souligne que « en tant qu'acteur global, l'Union a des responsabilités globales qui ne peuvent être assumées qu'avec une politique de développement forte et distincte, et des mécanismes permettant aux institutions de l'Union de mettre cette politique en pratique ». Partant, en lieu et place d'une éventuelle décision qu'elle juge prématurée et inadéquate, Eurostep réclame un débat approfondi et ouvert sur l'avenir des relations extérieures de l'Union, sur la place à réserver à la politique de développement et sur les objectifs de cette politique. Les ONG estiment en effet que « le rôle de l'Union dans le monde est central pour la Convention européenne » et que « les leaders européens commettraient une grave erreur s'ils coupaient court au débat avant qu'il n'ait commencé ».