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Bulletin Quotidien Europe N° 8234
AU-DELÀ DE L'INFORMATION /

Les faux remèdes de la FAO pour lutter contre la faim dans le monde - La Russie et la Charte de l'énergie - L'euro attend la Suède

Les conclusions du Sommet de la FAO ont mis une fois de plus l'accent (à côté de quelques affirmations de principe prévisibles), sur deux faux remèdes traditionnels pour lutter contre la faim dans le monde, remèdes qui relèvent davantage de la démagogie que du raisonnement, à savoir: a) gonfler les ressources financières à mettre à disposition de la FAO elle-même (un organisme dont la moitié du budget est consacrée à ses dépenses administratives); b) pousser les exportations agricoles des pays pauvres en direction des pays riches et suralimentés. Les forces politiques et surtout économiques qui soutiennent ces orientations défendent presque toujours des intérêts qui n'ont rien à voir avec les famines; mais elles sont puissantes, et une bonne partie des médias et de la classe politique tombe dans le piège. L'idée que les paysans pauvres aient quelques avantages à tirer des spéculations commerciales est ridicule.

En attendant la crise suivante. Un ministre d'un pays de l'UE a osé aller à contre-courant et déclarer: " pour faire rentrer quelques pays du sud dans le cercle du commerce international, on leur a imposé des monocultures intensives qui ont eu des effets dévastateurs pour leur développement". Mais il était isolé. Dans ce contexte, le comportement des mouvements "anti-globalisation" est particulièrement inepte; dès qu'il est question du commerce agricole, ils oublient tous leurs slogans et leurs diatribes contre l'OMC et s'alignent sur les positions du grand commerce, des multinationales et de certains politiciens corrompus des pays en développement. Ils feraient mieux de se renseigner sur les raisons pour lesquelles le Zimbabwe, grenier traditionnel de l'Afrique australe (pour le maïs), et la Zambie risquent une famine désastreuse, à laquelle on ne fera face ni en démantelant la protection de l'agriculture européenne ni en donnant quelques milliards supplémentaires à la FAO, ni par les violences des mouvements anti-globalisation, mais par les aides alimentaires d'urgence que l'UE financera et distribuera, avec quelques autres donateurs.

Ceci en attendant la crise suivante, et en attendant avec un grand scepticisme que le monde s'oriente vers la seule solution valable: la concentration des efforts (des pays riches comme des pauvres) sur le rétablissement dans les pays en développement d'une "agriculture de subsistance" destinée à faire face aux besoins alimentaires des populations locales, à la place des ruineuses monocultures intensives pour l'exportation. Et en même temps, une action vigoureuse et sans complaisance contre les conflits qui s'éternisent entre les mêmes pays. Mais trop d'intérêts font obstacle à la réorientation agricole, trop de trafics, trop de corruption. Et trop de haines raciales ou religieuses, luttes de pouvoirs et ignorance s'opposent à la fin des conflits. Et alors, à la prochaine Assemblée de la FAO on constatera que rien n'aura changé.

Un parlement réticent. L'efficacité et l'utilité de la Charte de l'énergie continuent à être compromises par les réticences persistantes du Parlement russe à la ratifier. Certaines forces politiques estiment que cette charte implique une renonciation excessive à la souveraineté de la Russie sur ses ressources naturelles. Or, il est évident que les garanties offertes par la charte sont indispensables pour déclencher l'afflux d'investissements privés (européens et autres) dans le secteur russe de l'énergie, qui en a un besoin vital. Mais les années passent et la ratification n'arrive pas. Cette petite note est dédiée à ceux qui estiment que la perspective d'une adhésion de la Russie à l'UE est raisonnable (voir cette rubrique du 4 juin).

La fiction suédoise. Les institutions communautaires compétentes continuent à constater que…la Suède n'est pas prête à adhérer à l'euro. C'est une fiction juridique: si la Suède était jugée prête, elle serait obligée d'adopter la monnaie unique européenne car elle n'avait pas demandé l'opting out dont disposent le Royaume-Uni et le Danemark. Il y a eu sur ce point une erreur politique dans les dispositions mêmes de l'UEM, car on ne peut pas obliger un pays démocratique à entrer dans la zone euro aussi longtemps que son peuple et son parlement ne sont pas d'accord. Voici donc que le gouvernement suédois se donne du mal afin de ne pas remplir deux des conditions nécessaires: sa monnaie ne participe pas au mécanisme européen de change et sa banque centrale n'est pas, pour un élément, totalement autonome. Ainsi, chaque année, la Commission européenne et la Banque centrale européenne peuvent constater que la Suède ne remplit pas la totalité des conditions nécessaires pour adhérer à la phase finale de l'Union économique et monétaire. En réalité, la Suède satisfait parfaitement aux conditions économiques essentielles: le taux d'inflation et les taux d'intérêt sont en règle, et surtout son budget est largement excédentaire (l'actif correspondait en 2001 à 4% du PIB). La situation suédoise représente un modèle auquel plusieurs pays de la zone euro aspirent, mais dont ils sont bien éloignés. Mais le jugement officiel est que la Suède n'est pas prête. Si l'évolution de l'opinion publique suit celle que l'on constate au Royaume-Uni et au Danemark, son adhésion sera bientôt une réalité, pour le bien de la Suède elle-même et de l'Europe dans son ensemble.

(F.R.)

 

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