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Bulletin Quotidien Europe N° 8231
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/elargissement

La Présidence et la Commission mettent la pression sur les quatre pays qui ont bloqué l'adoption de la position commune sur l'agriculture - Les députés critiquent le conseil qui « traîne les pieds »

Strasbourg, 12/06/2002 (Agence Europe) - La Présidence espagnole et la Commission européenne ont profité du débat du Parlement européen sur l'état des lieux du processus d'élargissement pour critiquer l'Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède pour avoir empêché lundi denier l'adoption d'une position commune des Quinze sur le chapitre agricole des négociations. La feuille de route pour l'élargissement « ne peut souffrir d'aucun retard », et ces quatre pays « en seront responsables s'il n'y a pas de position commune », a déclaré pour la Présidence espagnole Ramon de Miguél. « Nous avons arrêté 95% de notre position sur l'agriculture », et sur les 5% restants, les aides directes, seuls ces quatre pays bloquent la position commune, a-t-il précisé. Le Commissaire européen Günter Verheugen a reconnu qu'il n'était « pas surprenant que la question des aides directes aux agriculteurs crée des difficultés », mais qu'il est «dans l'intérêt (des Quinze) de faire preuve de solidarité » pour la « répartition du fardeau ». « Il faut dire aux citoyens d'Europe que les considérables avantages politiques et économiques de l'élargissement ne s'obtiendront pas gratuitement », a-t-il ajouté. Le Conseil de lundi a « créé l'incertitude chez les pays candidats », a-t-il déclaré, en avertissant des dangers qu'entraînent des «tactiques dilatoires qui découlent des désaccords entre les Etats membres ».

Après que Ramon de Miguél ait tracé le bilan « élargissement » de la Présidence espagnole, dont il s'est dit très satisfait, lui-même comme le Commissaire Verheugen ont abordé l'après-Sommet de Copenhague. Selon la Présidence, puisque « les négociations techniques sont en train de se terminer », le Conseil européen devrait se pencher sur « un road-map politique ». Pour Günter Verheugen également, il ne « faut pas gâcher le créneau 2002-2004 ». L'un comme l'autre ont souligné l'importance du renforcement de la capacité administrative des pays candidats. La Commission présentera à Séville sa communication sur la mise en œuvre du plan d'action sur l'amélioration de la capacité administrative des pays candidats, publiée la semaine dernière (voir EUROPE du 6 juin, p.7). La Présidence comme la Commission ont souligné à Strasbourg l'importance de bien accompagner la préparation de la Roumanie et de la Bulgarie, qui ne seront pas dans la première vague d'adhésion, et la Commission a confirmé qu'elle va « proposer une stratégie de rapprochement renforcée ». Pour la Turquie, l'UE ne pourra toujours pas donner, à Séville, de date de début des négociations: « il faut attendre le plein respect des critères de Copenhague », a déclaré Ramon de Miguél, qui a aussi insisté sur la résolution du problème Chypre, en donnant pour objectif non plus Séville mais le Conseil européen de Bruxelles d'octobre prochain. Günter Verheugen a adressé un petit message en direction des électeurs irlandais: « contrairement à beaucoup d'observateurs », il « mise sur la conscience irlandaise », pour permettre « ce qui aurait été inimaginable il y a 30 ans, que les pays d'Europe centrale et orientale nous rejoignent grâce à l'Irlande ». Les négociations « ne doivent pas êtres menées de manière à ouvrir de nouvelles blessures mais à les cicatriser », a déclaré M. Verheugen en évoquant un sujet maintes fois mentionné ensuite par les députés dans leurs interventions, celui des décrets Benes qui créent des difficultés avec la République tchèque.

Elmar Brok, rapporteur du Parlement européen sur l'élargissement, en s'exprimant au nom du PPE, a demandé aux Quinze de « ne pas ajouter de nouvelles conditions ». Il a insisté sur l'évaluation individuelle de chaque candidat, les droits de minorités, Schengen, Kaliningrad, mais aussi sur le fait que les pays qui entreront dans une « première vague » ne devront pas bloquer l'adhésion des suivants. Pour les décrets Benes, le président de la commission affaires étrangères du PE juge que la question qui se pose, ce n'est pas « le passé », mais qu'il faut vérifier que cette législation n'entraîne pas de discriminations maintenant. Simon Murphy, pour le PSE, a dénoncé « ceux qui essayent d'utiliser l'histoire pour retarder l'élargissement », jugeant qu'ils « portent tort à l'Europe ». Il a aussi critiqué le Conseil qui donne « l'impression de traîner les pieds ». Graham Watson, président du groupe libéral, a demandé de pacifier le débat sur le décret Benes, et a averti qu'il ne fallait pas ralentir le processus au risque de compromettre la participation des nouveaux membres aux élections au Parlement européen en 2004. Daniel Cohn-Bendit, co-président des Verts/ALE, a réclamé que l'UE se réforme pour l'élargissement. Le principe des paiements directs à l'agriculture « est injuste, il faut le réformer, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas d'aides, mais des aides structurelles », a-t-il dit. Les Verts « ne sont pas contre l'élargissement » mais demandent des « conditions sociales et écologiques », a-t-il ajouté (ils ont en effet déposé beaucoup d'amendements en ce sens). Le rapport doit être voté en plénière jeudi. Il avait été approuvé à l'unanimité par la commission des affaires étrangères.

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