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Bulletin Quotidien Europe N° 8181
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/acp

L'Assemblée paritaire demande que l'UE consacre au moins 35% de son aide à l'amélioration des services de santé dans les pays ACP

Cape Town, 27/03/2002 (Agence Europe) - Lors de sa session de la semaine dernière à Cape Town, l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE a adopté deux résolutions sur les aspects liés à la santé, en invitant la Commission européenne et le Conseil à s'investir dans l'éradication de la pauvreté et la mise en place de services et d'équipements de santé collectifs accessibles à tous. L'Assemblée estime que la décision d'octroyer au moins 35% de l'aide européenne à la coopération aux infrastructures sociales, telle qu'elle est prévue dans le budget 2002, y compris les crédits provenant du Fonds européen de développement, est capitale pour garantir une amélioration des services de santé dans les pays ACP. Elle souhaite que ce chiffre soit régulièrement revu à la hausse à l'avenir. L'Assemblée invite l'UE et les pays ACP à développer et à mettre en œuvre des mesures propres à déceler et réduire la discrimination à l'encontre des handicapés et des personnes âgées dans le secteur de la santé, et demande que soient mis en place des programmes de sensibilisation des personnels de santé aux handicaps. Elle met aussi l'accent sur le fait que toutes les femmes et tous les hommes doivent avoir facilement accès, et à un prix abordable, à des services de santé reproductive de qualité, et invite les pays ACP et l'UE à financer davantage les services de santé reproductive et à améliorer la coordination entre les donateurs. Elle demande par ailleurs que des efforts soutenus soient consentis pour éradiquer les maladies et troubles de l'enfance en procédant à des vaccinations et en veillant à la fourniture d'eau et de denrées alimentaires saines.

L'Assemblée se félicite de l'adoption, en novembre 2001, de la Déclaration de Doha qui "consacre le caractère prioritaire des impératifs sanitaires sur les règles commerciales dans les pays en développement" et elle insiste pour que ces dispositions soient appliquées dans les plus brefs délais. Elle demande qu'une solution soit trouvée dans le cadre des accords ADPIC pour que les pays ACP qui n'ont pas de capacité de production pharmaceutique puissent recourir à des importations parallèles de médicaments génériques en provenance de pays tiers. L'Assemblée craint aussi que l'accord ADPIC sur la brevetabilité du vivant ne limite l'accès des populations des pays pauvres aux traitements traditionnels à base de plantes et ne porte atteinte à la biodiversité. Elle demande que l'accord ADPIC soit révisé afin "d'établir une distinction nette entre "découverte" et "invention" et d'exclure du champ de la brevetabilité tout organisme vivant".

Plusieurs députés européens ont insisté, au cours du débat, sur la nécessité d'accorder la priorité à la santé et à l'éducation dans les pays ACP. Cela a été le cas notamment du travailliste britannique Richard Howitt qui a aussi plaidé pour la négociation d'un accord entre l'UE et les pays ACP sur le pourcentage de l'aide qui devrait être consacrée à la santé reproductive. Une position également défendue par la Danoise Ulla Sanbdbaek (Europe de la Démocratie et des Différences) qui a rappelé qu'il n'y a même pas une usine de préservatifs en Afrique. "Il faut de l'eau potable et non des armes!", s'est exclamé le conservateur britannique John Bowis en insistant sur la protection des enfants, des personnes âgées et des handicapés qui continuent à souffrir de nombreux comportements discriminatoires. Le vert français Didier Rod a souligné qu'il faut renforcer la lutte contre les multiples maladies infectieuses tropicales. Evoquant la disparition des structures de santé, parce que sous les pressions du FMI beaucoup de pays ont d'abord cherché à réduire les budgets de la santé et de l'éducation, M. Rod a insisté sur la nécessité de reconstruire avec l'aide de l'UE de véritables services publics de la santé dans les pays ACP. Le député ougandais James Mwandha a aussi insisté sur les problèmes liés à la santé reproductive ainsi que les discriminations dont souffrent les handicapés et les personnes qui ont contracté le virus du sida.

La place importante prise par la santé reproductive dans ce débat s'explique en grande partie par les efforts de sensibilisation réalisés par l'ONG "Marie Stopes International" qui a récemment publié un dossier d'information très complet sur ce thème. Celui-ci a été présenté pour la première fois, le 6 mars au Parlement européen à Bruxelles, lors d'une réunion du groupe de travail sur la population, le développement durable et la santé en matière de reproduction auquel participent notamment Mmes Banotti, Gröner, Kinnock, Sandbaek et MM. Fernandez Martin, Maaten et Rod. Une représentante de cette ONG, déjà active dans une vingtaine de pays ACP, était présente lors de la session et a eu des contacts avec des parlementaires ACP. Le dossier peut être obtenu en s'adressant à Marie Stopes International (Tél.: (32) 2-551.54.59; e-mail: wgpop@stopes-org.be).

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