Bruxelles, 20/03/2002 (Agence Europe) - Réagissant aux conclusions du Sommet de Barcelone dans le domaine social, Anna Diamantopoulou s'est dite déçue que, malgré l'importance reconnue de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, des indicateurs au niveau européen n'aient pas été précisés, et que rien n'ait été mentionné à propos de l'écart salarial qui perdure dans l'UE entre les hommes et les femmes. Toutefois, elle s'est félicitée de ce que les Etats membres s'engagent à mettre en place d'ici 2010 des structures d'accueil pour au moins 90% des enfants entre 3 ans et l'âge de la scolarité obligatoire et pour au moins 33% des enfants âgés de moins de 3 ans, ceci pour encourager l'entrée des femmes dans le marché du travail. Pour Mme Diamantopoulou, "il n'y a rien de vraiment opérationnel dans ces résultats sauf un engagement général à s'échanger des bonnes pratiques . La synchronisation entre les Grandes orientations de politique économique et la stratégie de l'emploi est à présent acquise, le tout sera de voir comment elle sera orchestrée en réalité".
Le Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) Emilio Gabaglio s'est félicité dans une déclaration de ce que l'offensive néo-libérale n'ait pas réussi à s'imposer. "Au-delà des affirmations du Conseil à propos des politiques du marché du travail - dont certaines sont franchement inacceptables - la CES jugera sur pièce les initiatives concrètes qui seront prises et vérifiera si elles respectent effectivement, comme le soulignent les conclusions de Barcelone, les protections propres au modèle social européen et les droits des travailleurs", souligne M. Gabaglio en notant avec satisfaction que le Conseil a mis en évidence une revendication syndicale, en donnant mandat à la Commission de proposer une directive-cadre sur les services d'intérêt économique général. Il regrette enfin "l'absence d'initiatives coordonnées au niveau européen pour soutenir l'activité économique et donc l'emploi".
Le Secrétaire général de l'Unice (patronat européen) Philippe de Buck a exprimé sa satisfaction à propos de la décision du Sommet de libéraliser le marché du gaz et de l'électricité pour les entreprises en 2004 et a appelé à une libéralisation de ce marché pour les consommateurs en 2005. "La double décision de libéraliser les marchés et d'inviter le Conseil Ecofin à adopter une directive ouvrant la voie à une augmentation des taxes sur l'énergie d'ici décembre 2002 est extrêmement inquiétante", a estimé M. de Buck en précisant: "Le communiqué de Barcelone dit que les besoins des entreprises du secteur des transports routiers seront pris en compte lorsque cette directive sera élaborée, mais nous présumons qu'il en ira de même pour les exigences de compétitivité du secteur industriel qui sont menacées par les propositions de la Commission". L'Unice attend à présent un suivi concret dans d'autres priorités de la stratégie: marchés financiers, télécoms, eEurope, entrepreneuriat, transports, brevet communautaire, recherche et développement, marchés du travail.
"Le Sommet de Barcelone est un pas dans la bonne direction pour autant que soit enfin mise en oeuvre la Charte européenne des petites et moyenens entreprises", a commenté le Président de l'UEAPME (Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises) Andrea Bonetti. Constatant que le Conseil européen a demandé aux Etats membres d'activer cette mise en oeuvre, M. Bonetti regrette qu'il n'ait pas adressé la même requête à la Commission: l'UEAPME ne comprend pas pourquoi "les conclusions de Barcelone parlent de la Charte des PME, et pas de la Charte des petites entreprises". Et de souligner aussi que l'UEAPME ne comprend pas non plus pourquoi il faudrait attendre jusqu'au Sommet de printemps de 2003 pour préparer le livre vert sur l'entrepreneuriat.
Le Secrétaire général d'Eurocommerce, Xavier Durieu, déplore quant à lui que les résultats de Barcelone "soient trop timorés pour pouvoir assurer concrètement une réelle compétitivité européenne dans l'économie mondiale". Il regrette que "les Etats membres n'aient pas été en mesure d'adopter des critères de convergence propres pour permettre aux régimes fiscaux et aux prestations sociales d'assurer un marché de l'emploi dynamique, tenant compte du vieillissement des actifs en Europe", et déplore aussi l'absence de toutes mesures pratiques et concrètes en faveur des PME.