Bruxelles, 18/03/2002 (Agence Europe) - Lors de son débat d'urgence de jeudi dernier, le Parlement a adopté quatre résolutions concernant les droits de l'Homme dans les pays suivants:
Moldova: le Parlement demande au gouvernement et au parlement moldaves de s'abstenir de toute décision qui pourrait mettre en péril l'équilibre social et politique du pays. Il invite le gouvernement à se conformer aux règles et procédures démocratiques fondamentales, à garantir le respect des droits de l'homme et de l'Etat de droit et à ne pas abuser de sa majorité politique pour dissoudre une opposition démocratique. Il rappelle sa préoccupation face au conflit persistant entre le gouvernement et le parti populaire chrétien démocrate moldave. Le Parlement demande aux gouvernements roumain et russe de ne pas intervenir dans la situation intérieure délicate de la Moldova et d'apporter, conjointement avec l'Union européenne, leur soutien à un développement stable et pacifique de l'ensemble des pays de la région. Il demande au Conseil et à la Commission d'améliorer les capacités du programme Tacis et d'apporter leur contribution active, dans le cadre du mandat de l'OSCE, au règlement du conflit portant sur la Transnistrie.
Kirghizistan: le Parlement demande aux autorités d'entamer un véritable dialogue avec l'opposition politique et les représentants des organisations de défense des droits de l'Homme. Il demande aussi qu'elles prennent toutes les mesures nécessaires pour garantir l'intégrité physique et psychique de Azimbek Beknazarov, député et président de la commission parlementaire kirghize pour les réformes juridiques et judiciaires, arrêté sur une accusation d'abus de pouvoir, après avoir vivement critiqué le président Askar Akaev. Le Parlement demande une enquête indépendante, complète et impartiale, sur les allégations de torture et de mauvais traitement, ainsi que le respect du droit de M. Beknazarov à un procès équitable. La Commission est invitée à poursuivre ses programmes Tacis pour la démocratie dans les républiques d'Asie centrale, de façon à y développer et consolider la société civile et appuyer les médias indépendants.
Tunisie: le Parlement insiste auprès des autorités tunisiennes pour que le procès en cours, contre Hamma Hammami, chef du Parti des travailleurs communistes, se poursuive dans le strict respect des normes du droit international et pour que les prévenus bénéficient d'un traitement particulier qui préserve leur sécurité, leur santé et leur droit à la défense, qui pourrait passer par une mise en liberté provisoire. Il demande aux autorités tunisiennes de cesser toute « restriction » aux droits de l'Homme et de lever toutes les entraves aux libertés de circulation, d'expression, d'information et d'association ainsi qu'au droit à l'engagement politique au sein d'un parti. Il charge sa délégation parlementaire pour les relations avec le Maghreb d'aborder plus fermement la question des droits de la personne en Tunisie et de suivre particulièrement ce procès.
Sri Lanka: le Parlement se félicite de l'accord de cessez-le-feu signé par le gouvernement de la République socialiste démocratique de Sri Lanka et les Tigres de Libération de l'Eelam Tamoul (LTTE) qui est entré en vigueur le 23 février. Il invite le Conseil et la Commission à étudier en urgence les possibilités d'un soutien concret à cet accord, en particulier d'un soutien financier, de manière à s'attaquer aux nombreux problèmes du Sri Lanka, y compris la réinsertion des enfants-soldats. L'Union et ses Etats membres sont invités à se rendre à la réunion des donateurs, prévues en mai, avec une proposition globale et coordonnée.