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Bulletin Quotidien Europe N° 8174
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/sommet de barcelone/elargissement

Les pays candidats veulent participer pleinement au processus de Lisbonne

Barcelone, 18/03/2002 (Agence Europe) - Les douze pays candidats à l'adhésion de l'UE, invités par la Présidence espagnole à Barcelone pour participer -pour la première fois- à une session de travail formelle du Conseil européen, ont profité du débat de vendredi matin sur la stratégie de Lisbonne pour souligner, avec vigueur, leur pleine volonté d'intégrer le processus et d'appuyer activement les efforts de l'UE visant à devenir, d'ici à 2010, l'économie la plus compétitive du monde.

La Pologne est déterminée à « soutenir les objectifs de la stratégie de Lisbonne et à participer à sa mise en œuvre », a par exemple dit Leszek Miller, le Premier ministre polonais. « Nous reconnaissons l'importance des réformes structurelles économiques et sociales dans l'Union européenne pour acquérir une compétitivité accrue sur le marché global. Nous sommes intéressés à progresser dans ce processus parce que des effets positifs de la modernisation et de la libéralisation de l'économie de l'UE se feront bientôt sentir aussi dans les pays candidats », a dit M. Miller. Les pays candidats sont confrontés aux mêmes défis que l'UE actuelle, et il n'y a aucune raison de reporter leur participation active dans le processus de Lisbonne jusqu'au moment de leur adhésion formelle à l'UE. « Plus nous pouvons faire avant l'adhésion, plus sera facile notre intégration dans les structures de l'Union », a souligné le Premier ministre polonais. « Le chemin vers les objectifs de Lisbonne est la bonne voie », a aussi dit le Premier ministre tchèque, Milos Zeman, qui a souligné l'importance d'assurer un maximum de cohésion sociale entre les Quinze et les futurs nouveaux membres pour assurer la croissance économique. Mikulas Dzurinda, le Premier ministre de Slovaquie, a lui aussi appuyé les réformes structurelles envisagées, en mettant un accent particulier sur la nécessité d'améliorer le niveau de l'éducation pour renforcer la compétitivité de l'économie européenne. Andris Berzins, le Premier ministre de Lettonie, a dit à la presse que le système des retraites appliqué dans son pays avait même été qualifié de « exemplaire, même pour l'Union européenne » par certains dirigeants de l'UE.

Certains des candidats ont même pris des initiatives à Barcelone pour nourrir le débat. Ainsi, la République tchèque a présenté au Sommet deux documents (l'un, conjointement avec les Pays-Bas, sur la réforme des régimes de retraites, l'autre sur l'établissement d'une base de données européenne pour des opportunités d'emploi et d'éducation dans une Union élargie), alors que la Hongrie a fait une déclaration conjointe avec le Royaume-Uni sur la société d'information. D'autres ont insisté sur la valeur ajoutée que les candidats pourront apporter au processus de Lisbonne. Ainsi, le Président roumain Ion Iliescu a estimé devant la presse que l'objectif de 2010 ne pourra pas être atteint sans l'appui des futurs membres. Réussir le défi de Lisbonne est une « mission commune, avec des intérêts communs », a-t-il dit. Même message du côté du Premier ministre hongrois Viktor Orban: « La meilleure manière pour l'Union européenne d'atteindre son objectif de devenir l'économie la plus compétitive d'ici 2010 est de s'élargir le plus rapidement ». La Hongrie consacre actuellement 1,5% de son PIB à la recherche et au développement, et elle envisage d'atteindre 3% en 2010. Suivre l'exemple hongrois dans ce domaine serait un « scénario de rêve » pour l'UE, a-t-il dit.

D'autres candidats ont profité de l'occasion du débat de Barcelone (et notamment la discussion sur l'ouverture et la libéralisation des marchés) pour critiquer les restrictions que l'UE leur impose (ou envisage de le faire) dans le cadre des négociations d'adhésion sous forme de périodes transitoires, par exemple dans le domaine de la libre circulation des travailleurs ou des transports (cabotage routier). C'est bien si l'UE parle de libéralisation et d'ouverture des marchés, mais il y a parfois de « profondes contradictions » entre les paroles et les faits, a critiqué le Premier ministre tchèque Milos Zeman. « Nous avons besoin d'actions concrètes », a-t-il dit. Siim Kallas, le Premier ministre de l'Estonie, a lui aussi insisté sur la nécessité de réduire les restrictions imposées en matière de libre circulation des personnes (travailleurs), de transports (cabotage) et d'agriculture. « C'est une des principales conditions préalables pour faire de l'Union européenne l'économie la plus compétitive », a dit M. Kallas. L'Estonie serait prête à accepter une libéralisation totale des marchés de l'énergie, a-t-il souligné. La Hongrie, elle aussi, n'a « rien à craindre » d'une libéralisation des marchés de l'énergie, a dit M. Orban.

Plusieurs représentants des pays candidats (dont le ministre slovaque des Affaires étrangères, Eduard Kukan, ou encore le Premier ministre de Malte, Edward Fenech Adami) se sont aussi félicités devant la presse du fait que, pour la première fois, ces Etats ont été qualifiés de « futurs pays membres » plutôt que de « candidats ».

Bien qu'explicitement exclues par la Présidence espagnole de l'agenda officiel du Sommet, les négociations d'adhésion proprement dites ont aussi été évoquées à Barcelone - ne fût-ce que dans les couloirs ou dans des rencontres bilatérales. Ainsi, le Premier ministre polonais Miller a eu des échanges de vues séparés avec les Premiers ministres allemand et néerlandais, MM. Schröder et Kok, ainsi qu'avec le Commissaire Günter Verheugen (élargissement), sur le problème de l'achat des terres agricoles polonaises par des citoyens de l'UE (chapitre « libre circulation des capitaux »). « Après ces pourparlers, nous avons l'espoir que les négociations sur ce chapitre pourront être conclues » lors des prochaines négociations d'adhésion à Bruxelles ces 21/22 mars, a dit M. Miller (le Commissaire Verheugen s'est exprimé dans le même sens). Le chef du gouvernement polonais a aussi parlé d'un « avenir incertain » au cas où l'adhésion de son pays ne devait pas avoir lieu en 2004. Le Premier ministre tchèque Milos Zeman a aussi eu un long entretien avec le Commissaire Verheugen sur l'affaire des décrets de Benes (aucune rencontre a eu lieu avec les chanceliers Schüssel et Schröder, mais de telles rencontres n'étaient pas prévues, a insisté M. Zeman) et le Premier ministre tchèque a ajouté que ces décrets n'allaient en aucun cas être incorporés ou annexés dans le Traité d'adhésion du pays à l'UE, « car les Traités d'adhésion sont orientés vers le futur, pas vers le passé ».

Bulent Ecevit souligne l'importance des politiques européennes de « justice sociale » et demande davantage d'appui dans la lutte contre le terrorisme

Dans son intervention au Sommet, le Premier ministre turc Bulent Ecevit a affirmé en particulier que, face aux effets de la mondialisation, «les politiques de justice sociale de l'UE deviennent d'autant plus significatives ». Un des problèmes de la Turquie, c'est l'existence d'une importante population rurale, a-t-il souligné, tout en notant que, grâce à la Turquie, l'UE se rapprochera d'une « réalité euro-asiatique » qui pourrait lui ouvrir de nouveaux horizons et rééquilibrer « certains effets négatifs de la mondialisation ». Dans ce contexte, M. Ecevit a évoqué le « Projet prioritaire du gaz naturel/ Mer Caspienne/Moyen-Orient-UE » qui vise à connecter les réseaux de gazoducs turcs et grecs et qui fera des deux pays une voie de transit majeure pour le gaz naturel du Caucase, de l'Asie centrale et du Proche-Orient, « conformément à la stratégie de Lisbonne ». Enfin, M. Ecevit a évoqué le « fléau » du terrorisme, en souhaitant que « tous les membres » de l'UE « nous soutiennent plus efficacement » dans cette lutte.

Interrogé par la presse sur une possible action militaire contre l'Irak, M. Ecevit a affirmé qu'il était « profondément inquiet » d'une telle perspective, malgré ses « désaccords » avec Bagdad. Une telle intervention déstabiliserait la région et l'économie turque en souffrirait, a-t-il estimé, en notant que, depuis la Guerre du Golfe, l'Irak est de toute façon « sous surveillance ».

A la question de savoir si le traitement infligé par la police italienne aux supporters de football turcs était une manifestation de « « fascisme », le ministre turc des Affaires étrangères Ismail Cem s'est limité à dire: nous avons les photos sous les yeux, elles parlent d'elles-mêmes.

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