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Bulletin Quotidien Europe N° 8166
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/sommet de barcelone

Le Secrétaire général de la CES Emilio Gabaglio attire l'attention sur "une dérive du processus de Lisbonne"

Bruxelles, 07/03/2002 (Agence Europe) - A une semaine du Sommet de Barcelone, le Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), Emilio Gabaglio, s'est déclaré, devant la presse, "préoccupé par une dérive du processus de Lisbonne, faisant de Barcelone une phase difficile, un passage délicat". M. Gabaglio voit deux raisons à ce risque de dérapage: 1) l'actuel ralentissement de l'activité économique et la passivité du Conseil Ecofin en matière d'emploi. "La Banque centrale européenne n'est pas seule à devoir agir, les gouvernements doivent aussi agir pour une meilleure coordination des politiques économique, budgétaire et d'investissement", a-t-il dit; 2) les signaux lancés par le patronat européen (voir EUROPE du 6 mars, p.14) et des gouvernements selon lesquels "Barcelone doit libéraliser l'industrie des réseaux et mettre en place des marchés du travail flexibles". Craignant que certaines propositions de libéralisation nuisent à la qualité des services publics, M. Gabaglio a estimé qu'il faut mettre sur pied "au niveau européen une directive-cadre déterminant exactement la mise en place de services publics d'intérêt général dans le contexte de la concurrence, qui garantisse l'accès des salariés et des citoyens en général à des services publics de qualité". "Nous rejetons la logique du "tout marché" (…). Il faut préserver les droits essentiels qui sont une connotation fondamentale du modèle social européen", a-t-il affirmé. Quant à la flexibilité des marchés du travail, M. Gabaglio l'accepte "pour répondre aux exigences de la compétitivité, mais aussi à celles des salariés".

Enfin, autre élément risquant, selon lui, de susciter une dérive, les "attitudes quelquefois contradictoires de la Commission", qui publie, d'une part, des documents sur la gestion sociale des restructurations d'entreprises ou les plans d'action pour la mobilité et la formation des travailleurs, et, d'autre part, "oublie ou traîne les pieds pour soumettre au Conseil une proposition de directive sur le travail intérimaire" suite à l'échec des négociations entre partenaires sociaux. M. Gabaglio a aussi regretté que l'élément "qualité de l'emploi" ne soit pas mis en exergue dans le rapport de synthèse de la Commission européenne pour le Sommet.

En répondant à des questions, M. Gabaglio a indiqué: 1) démarche Blair/Berlusconi sur la flexibilité du marché du travail: "Je pense tout le mal possible de cette démarche, que nous ne partageons pas. Leurs raisons sont des raisons tactiques pour influencer l'issue du Sommet de Barcelone et leur thèse selon laquelle seules les politiques de l'offre peuvent apporter une solution aux problèmes d'emploi est illusoire sur le plan social. Leur approche est mauvaise, discutable sur le plan de l'efficacité économique et inacceptable sur le plan social"; 2) participation des partenaires sociaux en tant qu'observateurs à la Convention: "Ceci est significatif, les partenaires sociaux ne représentant ni des institutions ni des gouvernements". Et d'ajouter que "selon Jean-Luc Dehaene, vice-président de la Convention, le droit à la parole des observateurs est implicite, mais ce que nous voulons, c'est qu'il soit explicite!". (Pour les priorités syndicales à la Convention, voir EUROPE des 28&29 janvier, p.8.; 3) contentieux avec les Etats-Unis sur l'acier: la CES soutient totalement la Commission européenne dans son action (voir EUROPE du 5 mars et d'hier, p. 6).

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