Bruxelles, 07/03/2002 (Agence Europe) - La Commission européenne pourrait être en mesure de redéfinir, d'ici la mi-mars, sa stratégie en deux volets à l'encontre des pratiques "déloyales" des chantiers navals sud-coréens, stratégie à laquelle les Quinze ont fait échec faute de trouver un accord sur le mécanisme de défense temporaire de l'industrie communautaire (voir EUROPE du 6 décembre 2001, p.7). Relancée peu après cette déconvenue, la procédure en cours, au titre du Règlement sur les obstacles au commerce, est en effet susceptible de déboucher sur une nouvelle mouture, sans doute plus digeste pour le Conseil, de la proposition présentée cet été (voir EUROPE du 26 juillet) ou bien l'amener à passer l'éponge. Les services de la Commission, qui viennent de procéder à une audition des parties, sont encore en train de vérifier si la plainte du Comité des associations de chantiers navals européens (CESA) apporte de nouveaux éléments à ce dossier, en particulier des preuves suffisantes du préjudice conséquent invoqué au nom des méthaniers. Rappelons que, sous sa forme actuelle, la proposition de la Commission ne prévoit aucun soutien pour ce segment. D'où le refus français de rallier le projet, l'absence subséquente de majorité qualifiée au Conseil, qui est resté divisé en deux sur les aides au fonctionnement des chantiers navals, et la mise en veilleuse du second volet (plainte à Genève) que la Commission subordonnait au déploiement du soutien intracommunautaire.
Protestations des chantiers navals coréens
L'Association des chantiers navals coréens (KSA), qui a participé mardi à l'audition des parties, estime que cette étape procédurale ne s'est pas déroulée de manière équitable. Et de dénoncer: "Le but de cette procédure est de justifier l'inclusion de la flotte LNG (les méthaniers) dans le projet de règlement procurant des soutiens défensifs temporaires" à ses concurrents européens, et "ce résultat est acquis d'avance, comme le démontre le propos du Commissaire Liikanen lors de la réception annuelle du CESA". La KSA soutient qu'aucun préjudice ne peut être invoqué dans ce segment, dont les chantiers navals européens ont dû se détourner sous la pression de la concurrence non pas coréenne, mais japonaise. Leur retour à la compétitivité est déjà chose faite, vu les commandes en LNG récemment remportées par les constructeurs français et espagnols, poursuit-elle. Et d'avertir: "L'octroi de subventions pour aider (ces entreprises) à refaire leur entrée sur ce marché reviendrait à leur donner un bonus pour des difficultés qu'ils se sont eux-mêmes créées".