Bruxelles, 05/03/2002 (Agence Europe) - La commission des affaires étrangères du PE a adopté le rapport de Vasco Graça Moura sur la communication de la Commission européenne concernant la stratégie de l'Union européenne à l'égard de la Chine (voir EUROPE du 2 mars, p. 14). Il propose au Parlement de souscrire à cette stratégie tout en soulignant les importants progrès que ce pays doit encore accomplir pour respecter les normes internationales de protection des droits de l'homme.
Le rapport confirme le soutien des députés européens aux réformes économiques et sociales en cours dans le pays mais estime que des progrès supplémentaires devraient être faits en ce qui concerne l'application du droit, la création de syndicats indépendants et des mesures permettant de répondre aux revendications sociales. La Commission est invitée à examiner un accord de partenariat actualisé et cohérent. Concernant Taïwan, le rapport rappelle l'attachement de l'UE à la politique d'une seule Chine et préconise une solution pacifique du différend, en souhaitant que des pourparlers soient engagés au plus vite entre les deux parties. Il demande aussi à la Chine de parvenir à des résultats tangibles en matière de droits de l'homme, tout particulièrement au Tibet. Le rapport réclame à nouveau l'autonomie du Tibet au sein de la république de Chine et invite les autorités chinoises à reprendre les négociations directes avec le Dalaï-Lama. Face au nombre croissant d'exécutions capitales, à l'usage de la torture, au trafic d'organes humains, souvent prélevés sur des prisonniers, et aux restrictions qui pèsent sur les médias, le rapport exige l'abolition de la peine de mort et l'accélération des réformes. Les députés proposent aussi d'assortir la préparation des Jeux olympiques de 2008 d'un mécanisme de monitoring international pour amener la Chine à faire les efforts nécessaires.
« On n'entraîne pas un tigre à devenir végétarien », déclare M. Wu
Harry Wu, qui dirige aux Etats-Unis une fondation dont l'objectif principal est la suppression des camps d'internement, les « laogaî », et l'amélioration du respect des droits de l'homme en Chine, est intervenu le jour de l'adoption de ce rapport devant le groupe de travail « droits de l'Homme » de la commission parlementaire des affaires étrangères. Pour lui, le dialogue politique engagé par l'UE avec les autorités chinoises pose un véritable problème éthique. « On n'entraîne pas un tigre à devenir végétarien », a-t-il dit en se montrant très pessimiste quant à la capacité du pouvoir en place de retenir quelque chose d'un « apprentissage démocratique ». Il craint en outre que les Jeux olympiques de 2008 ne contribuent à légitimer le pouvoir en place au lieu de sortir les citoyens chinois de leur isolement.