Bruxelles, 05/03/2002 (Agence Europe) - Les ministres de l'Economie et des Finances des pays de la zone euro, réunis lundi soir à Bruxelles au sein de l'Eurogroupe, ont estimé que les conditions d'une reprise de la croissance en Europe étaient réunies, tout en indiquant que l'amélioration de la conjoncture économique dépendra aussi des résultats du Conseil européen de Barcelone, lequel pourrait donner un nouveau coup de fouet à l'amélioration du potentiel de croissance en Europe.
Le Président de l'Eurogroupe, Rodrigo Rato, a déclaré lors de sa conférence de presse finale que « les bases d'une reprise semblent bien être présentes pour 2002 et 2003 (…), même s'il est encore trop tôt pour parler d'une véritable reprise ». Selon lui, le Sommet de Barcelone pourrait contribuer à la récupération de l'économie européenne. Le Commissaire Pedro Solbes, pour qui « le creux du ralentissement économique a été atteint au quatrième trimestre 2001 », a estimé que la croissance en Europe devrait se situer « autour de 1,5% en moyenne sur 2002 », comme en 2001, même si la courbe d'évolution est différente. Il table sur une légère reprise de la croissance dès le premier semestre de cette année, puis sur une « accélération » au second semestre. Selon M. Solbes, « nous allons préparer Barcelone avec moins d'incertitudes concernant la reprise de la croissance. Nous espérons que les Etats membres pourront donner le nouveau coup de pouce indispensable en matière de réformes structurelles afin de favoriser la reprise économique et augmenter le potentiel de croissance de l'Europe. Cette dernière ne peut pas rater une fois de plus le train de la croissance ».
M. Rato a expliqué, au sujet de la situation économique générale, que la consommation des particuliers est restée relativement robuste, de même que l'investissement dans le secteur immobilier, et que les conséquences du ralentissement se sont surtout fait sentir dans les investissements en biens d'équipement et les exportations (commerce extérieur). M. Solbes a illustré par des chiffres les propos de M. Rato: - la consommation privée est passée de 2,7% en 2000 à 2,0% en 2001 (on prévoit 1,6% en 2002) ; - celle de la formation brute de capitaux est tombée à 0,7% en 2001, contre 4,4% un an auparavant; - l'UE, qui avait enregistré une croissance de 12% des exportations en 2000, n'a atteint que 3,8% en 2001 (elle devrait être encore moindre en 2002, d'après les premières estimations).
En réponse à des questions sur la succession de Christian Noyer, M. Rato a indiqué que le Conseil Ecofin devrait trouver un accord en avril, et il n'a pas exclu que le vice-Président de la BCE soit désigné parmi les membres du directoire actuel et que la personne qui sera nommée à la succession de M. Noyer soit un simple membre du directoire. Il a reconnu que le gouverneur de la Banque centrale grecque, Lucas Papademos, était un très bon candidat, mais a prévenu qu'il y en aurait d'autres ayant eux aussi les qualités requises pour ce poste.