Bruxelles, 05/03/2002 (Agence Europe) - En marge d'un séminaire organisé à Stockholm sur le thème de « la politique de la concurrence européenne et les petits Etats membres », le Commissaire Monti, qui a rencontré à cette occasion le Premier ministre suédois Göran Persson, a répondu à des questions sur des allégements fiscaux que le Portugal s'apprêterait à consentir à l'équipementier automobile allemand Continental pour la délocalisation d'une usine suédoise au Portugal. En décembre dernier, Continental avait annoncé son intention de fermer son usine suédoise de Gislaved pour compenser les effets d'une faible demande et envisagé une délocalisation d'une partie de sa production au Portugal. La ministre suédoise de la concurrence Ulrica Messing a évoqué avec Mario Monti cette affaire qui a fait couler beaucoup d'encre au sein du gouvernement suédois, pour qui la fermeture de Gislaved, si elle résout certains problèmes au Portugal, en crée d'autres en Suède. « Nous estimons qu'un certain niveau de concurrence fiscale est sain (…). Mais une ligne de distinction a été tracée entre la concurrence fiscale nuisible et non nuisible », a-t-il indiqué à propos des taux préférentiels destinés à attirer, au cas par cas, des sociétés implantées dans les pays membres de l'Union. Autrement dit, il estime qu'un certain niveau de concurrence fiscale au sein de l'UE est sain, tant qu'il ne sert pas à attirer les entreprises installées dans d'autres pays membres. La concurrence est « non nuisible » lorsque, a-t-il ajouté, sur une région ou un pays, elle applique le même taux à toutes les entreprises. Au sujet de Continental, M. Monti a indiqué qu'il allait « considérer l'affaire soigneusement et rapidement », même s'il n'avait reçu à ce stade aucune plainte formelle de la part de la Suède, ni une notification du Portugal.